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- Un dispositif pour adoucir la transition
- Âge minimum : la règle change et s’unifie
- Conditions d’accès : pas que l’âge
- Les professionnels concernés… et les exclus
- Montant et calcul de la pension progressive
- Avantages stratégiques du dispositif
- Suspension, révision, suppression : vigilance sur les conditions
- Procédure : demander sa retraite progressive
- Questions fréquentes sur la retraite progressive
- Peut-on entrer en retraite progressive si l’on travaille déjà à temps partiel ?
- Un employeur peut-il refuser le passage à temps partiel ?
- Comment est calculée la part de retraite versée ?
- La retraite progressive est-elle automatique ?
- Un simulateur existe-t-il ?
- À retenir
Ralentir sans stopper net.
Diminuer la cadence, mais garder un pied dans l’entreprise.
La retraite progressive s’est imposée comme la solution intermédiaire pour des milliers d’actifs en France.
Depuis le 1er septembre 2025, une règle unique simplifie tout : l’accès est ouvert dès 60 ans, peu importe l’année de naissance.
Fini les calculs complexes selon la date de naissance.
Mais derrière cette apparente facilité, des subtilités demeurent.
Décryptage, conditions, démarches, cas particuliers : tout comprendre pour franchir le cap sans fausse note.
Un dispositif pour adoucir la transition
La retraite progressive offre une alternative claire au traditionnel passage brutal de l’activité à la retraite totale. Elle permet de réduire son temps de travail – entre 40% et 80% d’un temps plein – et de percevoir, en parallèle, une fraction de sa pension de retraite (base et complémentaire). Le principe ? Continuer à cotiser, préserver ses droits, tester la vie post-carrière sans couper le lien professionnel du jour au lendemain.
Âge minimum : la règle change et s’unifie
Jusqu’à l’été 2025, l’âge d’accès dépendait de l’année de naissance. Un tableau précis régissait chaque génération, avec des paliers parfois espacés de trois à neuf mois. Une subtilité qui compliquait la planification pour de nombreux actifs. Depuis le 1er septembre 2025, la règle s’est simplifiée : tout assuré peut demander sa retraite progressive dès 60 ans. Aucun critère dérogatoire, aucune exception liée à l’année de naissance. Seule la date d’effet de la demande compte.
| Année de naissance | Âge d’accès avant le 1/09/2025 | Âge d’accès après le 1/09/2025 |
|---|---|---|
| Avant 1961 | 60 ans | 60 ans |
| 1961 à 1968 | De 60 à 62 ans selon date | 60 ans |
| Après 1968 | 62 ans | 60 ans |
Un seul seuil désormais. Pour tous. Cette harmonisation vise à encourager l’usage du dispositif, notamment chez les actifs usés mais désireux de conserver une activité réduite.
Conditions d’accès : pas que l’âge
- Âge requis : 60 ans révolus à la date de prise d’effet de la retraite progressive.
- Durée d’assurance : il faut justifier d’au moins 150 trimestres validés. Ce total inclut les périodes cotisées, assimilées, rachetées ou reconnues équivalentes dans tous les régimes de base français, y compris les trimestres obtenus via une convention internationale.
- Activité à temps partiel : l’activité professionnelle doit être exercée entre 40% et 80% de la durée légale ou conventionnelle du travail dans l’entreprise (ou la profession). Pour les salariés au forfait jours, la fourchette va de 87 à 174 jours sur une base de 218 jours maximum.
Impossible d’y accéder sans remplir ces trois conditions. Le simple passage à temps partiel, même anticipé, ne suffit pas.
Les professionnels concernés… et les exclus
La retraite progressive s’adresse en priorité aux salariés du privé, aux agriculteurs, aux artisans, commerçants, professions libérales, sous conditions. Certaines spécificités subsistent :
- Indépendants : l’activité artisanale ou commerciale doit être exercée à titre exclusif pour bénéficier du dispositif.
- Salariés atypiques : VRP (voyageurs, représentants, placiers), dirigeants de sociétés commerciales non salariés, artisans taxis affiliés à l’assurance volontaire… sont exclus, sauf exception, car ils ne peuvent justifier d’un temps partiel au sens strict.
- Fonctionnaires de l’État : accès possible sous conditions spécifiques (activité exclusive pour l’État, liquidation provisoire des pensions, temps partiel compris entre 50% et 90%).
Certaines situations personnelles, comme le cumul d’activités ou certains statuts particuliers, empêchent toute entrée dans le dispositif. Le statut professionnel détermine donc l’accès, autant que l’âge ou la durée d’assurance.
Montant et calcul de la pension progressive
Le versement de la retraite progressive s’effectue selon une règle limpide : la fraction de pension correspond à la part de temps non travaillée. Exemple : un temps partiel à 65%, c’est 35% de la pension (base + complémentaire) versée chaque mois. Plus l’activité diminue, plus la fraction de retraite augmente.
- Temps partiel à 50% : 50% de la retraite progressive
- Temps partiel à 80% : 20% de la retraite progressive
- Temps partiel à 60% : 40% de la retraite progressive
Chaque année, au 1er juillet, la caisse de retraite vérifie la situation. Si la quotité de travail change, la fraction de pension s’ajuste. À la retraite définitive, la pension complète est recalculée, intégrant la période travaillée à temps partiel. Aucun risque d’y perdre : le montant final ne peut être inférieur à celui de la pension progressive provisoire.
Avantages stratégiques du dispositif
- Cotisations maintenues : on continue d’acquérir des droits à retraite pendant la période progressive.
- Surcotisation possible : sous réserve d’accord de l’employeur, il reste possible de cotiser comme si l’on travaillait à temps plein. Un moyen de ne pas minorer sa retraite définitive malgré la réduction d’activité.
- Flexibilité : la quotité de temps partiel peut être modifiée d’une année à l’autre, avec révision de la pension progressive.
La retraite progressive devient un outil de gestion souple de fin de carrière, à la fois financièrement protecteur et humainement adapté.
Suspension, révision, suppression : vigilance sur les conditions
Le versement n’est pas acquis à vie. Plusieurs changements peuvent suspendre ou mettre fin au dispositif :
- Sortie des bornes 40-80% de temps partiel
- Non-retour du questionnaire annuel de vérification
- Cessation de toute activité à temps partiel
- Passage à temps complet
- Revenu d’activité égal ou supérieur au revenu antérieur
- Demande expresse de retraite définitive
Une vigilance reste de mise sur la quotité de travail et la régularité des démarches.
Procédure : demander sa retraite progressive
- Vérifier son nombre de trimestres validés (150 minimum).
- Convenir avec l’employeur d’un temps partiel compris entre 40% et 80%.
- Remplir la demande (en ligne via « Info Retraite », ou, si départ à partir du 1er septembre 2025, via le formulaire papier temporaire).
- Joindre l’attestation employeur sur la quotité de temps partiel.
- Transmettre la demande au moins 5 mois avant la date souhaitée.
Le service en ligne s’adapte progressivement à la nouvelle règle d’âge. En cas d’absence d’accès à Internet, la voie papier demeure acceptée.
Questions fréquentes sur la retraite progressive
Peut-on entrer en retraite progressive si l’on travaille déjà à temps partiel ?
Oui, à condition d’avoir atteint l’âge requis et les 150 trimestres validés. La demande devient possible dès que toutes les conditions sont réunies.
Un employeur peut-il refuser le passage à temps partiel ?
Oui, mais en l’absence de réponse dans les deux mois, l’accord est considéré comme tacite.
Comment est calculée la part de retraite versée ?
La fraction correspond à la part de temps non travaillé. Exemple : activité à 70% = 30% de la retraite progressive.
La retraite progressive est-elle automatique ?
Non. Il faut impérativement en faire la demande et joindre tous les justificatifs exigés.
Un simulateur existe-t-il ?
Oui. Le site info-retraite.fr propose un simulateur actualisé pour estimer le montant de la retraite progressive.
À retenir
Dès 60 ans, la retraite progressive s’ouvre, sans distinction d’année de naissance. Un virage qui facilite la fin de carrière, mais n’efface pas la vigilance sur les conditions d’accès et les démarches à respecter. Pour beaucoup, un sas utile entre vie active et retraite complète, où chaque trimestre validé reste précieux.