Afficher Masquer le sommaire
- Pourquoi les joints de terrasse se dégradent aussi vite
- La solution qui change vraiment les choses : le joint polymère
- La préparation : l’étape que personne ne veut faire mais qui change tout
- Enlever complètement l’ancien joint
- Nettoyer et dépoussiérer
- Vérifier l’état des dalles
- L’application du joint polymère : ce qu’il faut savoir avant de commencer
- Les conditions météo idéales
- La technique d’application
- Le temps de séchage
- Combien de temps ça tient vraiment
- Le coût total d’une réfection de terrasse avec joint polymère
- Les erreurs à ne pas commettre
- Et si les dalles bougent encore malgré tout
Chaque printemps, c’est le même constat.
On sort les chaises de jardin, on regarde la terrasse et on voit que les joints ont encore craqué, noirci ou disparu par endroits.
On remet ça à plus tard, puis l’été passe, et l’automne arrive avec ses feuilles mortes qui s’incrustent dans les fissures.
Ce cycle qui se répète d’une saison à l’autre n’est pas une fatalité.
Il existe une méthode de jointoiement qui, bien appliquée un samedi après-midi, dure plusieurs années sans intervention.
Pas de magie là-dedans, juste le bon produit, la bonne préparation et quelques gestes précis que n’importe qui peut reproduire.
Pourquoi les joints de terrasse se dégradent aussi vite
Avant de parler de solution, il faut comprendre pourquoi les joints classiques lâchent si rapidement. Une terrasse extérieure subit des contraintes que peu de surfaces intérieures connaissent. Les variations de température entre l’hiver et l’été peuvent atteindre 50 à 60 degrés en France selon les régions. Ces écarts thermiques provoquent des dilatations et contractions répétées dans les matériaux, qu’il s’agisse de carrelage, de dallage en pierre naturelle ou de béton.
Le mortier de ciment classique, utilisé depuis des décennies pour jointoyer les terrasses, n’est pas conçu pour absorber ces mouvements. Il est rigide par nature. Quand la dalle bouge, le joint résiste, puis finit par céder. La fissure s’ouvre, l’eau s’infiltre, le gel fait le reste en hiver, et au printemps le joint est en miettes.
À cela s’ajoutent d’autres facteurs aggravants :
- Les racines de végétaux qui poussent sous la terrasse et soulèvent les dalles
- Les mousses et lichens qui colonisent les joints humides et les fragmentent de l’intérieur
- Le gel-dégel qui agit comme un coin dans les microfissures
- Le trafic piéton répété qui génère des micro-vibrations
- Une pose initiale mal réalisée, avec un joint trop fin ou un mortier trop sec au moment de l’application
Résultat : même un joint posé soigneusement avec du mortier de ciment standard ne tiendra rarement plus de deux ou trois saisons dans de bonnes conditions. Moins si l’exposition est difficile.
La solution qui change vraiment les choses : le joint polymère
Le joint polymère, aussi appelé joint époxy ou joint résine selon les formulations, est aujourd’hui la réponse la plus solide pour les terrasses extérieures soumises aux intempéries. Ce type de produit est utilisé depuis longtemps par les professionnels du carrelage pour les espaces commerciaux et les piscines. Il commence à se démocratiser auprès des particuliers, notamment parce que les fabricants ont simplifié les formules pour les rendre accessibles sans formation spécifique.
Ce qui distingue fondamentalement un joint polymère d’un joint ciment classique, c’est sa souplesse résiduelle après séchage. Il durcit, mais conserve une légère élasticité qui lui permet d’absorber les mouvements de la dalle sans se fissurer. Certains produits de la gamme affichent une résistance aux températures allant de -30°C à +100°C, ce qui les rend adaptés à pratiquement tous les climats français, y compris les zones montagneuses.
Parmi les marques disponibles en grande surface de bricolage, on trouve notamment des produits comme le Starlike de Litokol, le Keracolor de Mapei dans sa version extérieure, ou encore des joints souples de marque Sika. Les prix varient selon les conditionnements, mais comptez généralement entre 15 et 40 euros par kilogramme selon la qualité et la marque, un kilogramme couvrant environ 1 à 3 m² selon la largeur des joints et l’épaisseur des dalles.
La préparation : l’étape que personne ne veut faire mais qui change tout
La durabilité d’un joint ne dépend pas uniquement du produit choisi. Elle dépend à 70 % de la qualité de la préparation du support. C’est souvent là que les travaux de réfection échouent. On applique un nouveau joint par-dessus l’ancien, le vieux mortier se détache, et le nouveau suit.
Enlever complètement l’ancien joint
Il n’y a pas de raccourci sur ce point. L’ancien joint doit être retiré intégralement, jusqu’au fond de l’espace entre les dalles. Pour cela, plusieurs outils sont efficaces :
- Un grattoir manuel à joint pour les petites surfaces
- Une disqueuse avec disque à joint pour les grandes terrasses, ce qui représente un gain de temps considérable
- Un décapeur thermique combiné à un grattoir pour les joints très encrassés ou avec de la mousse
La profondeur minimale à atteindre est d’environ 5 à 6 mm. En dessous, le nouveau joint n’aura pas assez de matière pour tenir dans le temps.
Nettoyer et dépoussiérer
Une fois les joints vidés, il faut éliminer toute la poussière, les résidus de mortier et les traces de mousse. Un souffleur de jardin ou un aspirateur puissant font très bien ce travail. Si des traces de mousse ou d’algues sont présentes sur les dalles ou dans les interstices, un traitement avec un antimousse concentré suivi d’un rinçage au jet est indispensable. Les spores de mousse survivent dans les micro-porosités et peuvent faire éclater un nouveau joint en quelques mois si elles ne sont pas éliminées.
Vérifier l’état des dalles
Avant de jointoyer, prenez le temps de taper légèrement sur chaque dalle avec un objet dur. Un son creux indique un décollement. Une dalle décollée qui bouge va faire travailler le joint de manière excessive et le faire céder prématurément. Si c’est le cas, mieux vaut recoller la dalle avant de jointoyer.
L’application du joint polymère : ce qu’il faut savoir avant de commencer
Le joint polymère se présente généralement en deux composants qu’il faut mélanger avant utilisation, ou en version monocomposant prête à l’emploi selon les gammes. Lisez attentivement la notice du produit choisi, car les temps de travail varient d’un produit à l’autre.
Les conditions météo idéales
N’appliquez jamais un joint polymère sous le soleil direct en plein été. La chaleur accélère la prise et ne vous laisse pas le temps de travailler correctement. La température idéale se situe entre 10°C et 25°C. Un temps couvert sans risque de pluie dans les 24 heures suivantes est parfait. Évitez d’appliquer le produit si les dalles sont encore humides d’une pluie récente.
La technique d’application
Voici les étapes dans l’ordre :
- Humidifier légèrement les joints à l’aide d’un pulvérisateur. Cela évite que le support absorbe trop rapidement l’eau contenue dans le joint et empêche une adhérence insuffisante.
- Préparer le mélange selon les instructions du fabricant, en respectant scrupuleusement les proportions si le produit est bicomposant.
- Appliquer le joint avec une raclette en caoutchouc en travaillant par sections de 2 à 3 m² maximum pour garder le contrôle du temps de travail.
- Tasser le joint en passant la raclette en diagonale par rapport aux lignes de joints pour bien remplir les espaces sans laisser de bulles d’air.
- Nettoyer l’excédent à la surface des dalles avec une éponge humide et essorée avant que le produit ne commence à prendre. C’est l’étape la plus chronophage mais aussi la plus importante pour le rendu final.
- Lisser le joint avec le doigt ou un outil adapté pour lui donner un profil légèrement concave qui favorise l’évacuation de l’eau.
Le temps de séchage
Selon les produits, la terrasse peut être remise en service après 24 à 72 heures. La résistance définitive est atteinte au bout de 7 jours environ. Évitez tout trafic et toute humidité pendant cette période dans la mesure du possible.
Combien de temps ça tient vraiment
Les fabricants de joints polymères haut de gamme annoncent des durées de vie de 10 à 15 ans pour les applications extérieures correctement réalisées. En pratique, sur des terrasses bien préparées et sans problème structurel sous-jacent, des retours d’expérience de particuliers montrent des joints en parfait état après 7 à 8 ans sans aucune intervention.
La longévité dépend aussi du type de dalle. Sur du carrelage grès cérame, qui est peu poreux et peu sujet aux mouvements, les résultats sont excellents. Sur de la pierre naturelle comme le calcaire ou le grès, les performances restent très bonnes à condition d’avoir choisi un joint adapté aux pierres naturelles, car certains produits époxy peuvent tacher les matières poreuses.
Le coût total d’une réfection de terrasse avec joint polymère
Pour une terrasse de 20 m² avec des joints de 5 mm de large, voici une estimation réaliste des coûts pour un particulier qui fait les travaux lui-même :
| Poste de dépense | Coût estimé |
|---|---|
| Joint polymère (environ 4 à 5 kg selon la profondeur) | 60 à 150 € |
| Disque à joint pour disqueuse (si non possédé) | 15 à 30 € |
| Antimousse concentré | 10 à 20 € |
| Raclette, éponges, gants | 10 à 15 € |
| Total approximatif | 95 à 215 € |
Comparé au coût d’une réfection tous les deux ans avec du mortier classique, ou à une intervention d’un carreleur professionnel qui peut facilement dépasser 500 à 800 euros pour cette même surface, l’investissement dans un joint polymère de qualité est rentabilisé dès la première année.
Les erreurs à ne pas commettre
Quelques erreurs reviennent systématiquement chez les bricoleurs qui tentent cette réfection pour la première fois :
- Ne pas retirer complètement l’ancien joint : c’est l’erreur numéro un. Le nouveau joint ne peut pas adhérer correctement sur de l’ancien mortier friable.
- Appliquer par temps trop chaud : le produit prend trop vite et le nettoyage de surface devient très difficile, laissant des traces tenaces sur les dalles.
- Négliger le nettoyage de surface : les résidus de joint polymère séché sur le carrelage sont extrêmement difficiles à enlever. Il faut nettoyer au fur et à mesure.
- Utiliser un produit intérieur en extérieur : certains joints polymères ne sont pas formulés pour résister au gel et aux UV. Vérifiez toujours que le produit est bien indiqué pour une utilisation extérieure.
- Remettre la terrasse en service trop tôt : marcher sur un joint qui n’a pas fini de polymériser crée des marques et fragilise la structure du joint.
Et si les dalles bougent encore malgré tout
Si votre terrasse présente des mouvements importants liés à un problème de fondation ou de sous-couche, aucun joint, aussi performant soit-il, ne tiendra sur le long terme. Dans ce cas, la solution passe par des joints de dilatation remplis avec un mastic silicone extérieur souple plutôt qu’avec un joint rigide, même polymère. Ces joints de dilatation sont conçus précisément pour absorber les mouvements importants et doivent être placés tous les 3 à 4 mètres environ sur une grande terrasse. Un carreleur peut vous conseiller sur leur positionnement si vous avez un doute sur la stabilité de votre support.