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- Pourquoi planter des vivaces en automne plutôt qu’au printemps
- Les vivaces incontournables à planter maintenant
- L’Echinacea purpurea, la rudbeckie pourpre qui ne déçoit jamais
- La Salvia nemorosa, une vivace qui fleurit sans relâche
- Le Geranium vivace, le couvre-sol qui fleurit dès mai
- L’Achillea millefolium, l’achillée millefeuille des jardins naturels
- Le Rudbeckia fulgida, la fleur d’or de l’automne
- Comment préparer le sol pour maximiser la floraison dès la première année
- Les erreurs à éviter lors de la plantation automnale
- Associer les vivaces pour un jardin fleuri du printemps à l’automne
- L’entretien minimal pour des vivaces en pleine forme
Planter des vivaces en automne, c’est l’un des gestes les plus rentables qu’un jardinier puisse faire.
Contrairement aux annuelles qui demandent à être remplacées chaque saison, les vivaces reviennent année après année, souvent avec encore plus de vigueur.
Ce qui surprend beaucoup de jardiniers débutants, c’est qu’une bonne partie d’entre elles n’attendent pas la deuxième année pour montrer ce dont elles sont capables.
Dès le printemps suivant leur plantation, certaines explosent littéralement en fleurs, récompensant généreusement ceux qui ont pris le temps de bien préparer leur sol en automne.
Voici un tour d’horizon des vivaces les plus intéressantes à planter maintenant, avec la promesse d’un jardin coloré dès les premiers beaux jours.
Pourquoi planter des vivaces en automne plutôt qu’au printemps
La question revient souvent chez les jardiniers qui débutent. L’automne semble être une période de mise en veille du jardin, alors pourquoi s’embêter à planter ? La réponse tient dans la biologie même des plantes. Quand on installe une vivace en automne, elle profite des semaines qui précèdent le gel pour développer son système racinaire en profondeur. Le sol est encore chaud, les pluies sont plus régulières, et la plante n’a pas à gérer simultanément la chaleur estivale et l’effort de s’enraciner.
Au printemps, une vivace plantée en automne a déjà ses racines bien établies. Elle peut donc consacrer toute son énergie à produire des tiges, des feuilles et des fleurs, plutôt que de chercher à s’ancrer dans le sol. C’est cette différence fondamentale qui explique pourquoi les vivaces plantées en automne fleurissent souvent dès la première année, alors que celles plantées au printemps mettent parfois une saison entière à s’installer avant de vraiment performer.
Les vivaces incontournables à planter maintenant
L’Echinacea purpurea, la rudbeckie pourpre qui ne déçoit jamais
L’Echinacea purpurea, communément appelée échinacée, est sans doute l’une des vivaces les plus robustes qui soit. Plantée en automne dans un sol bien drainé et en plein soleil, elle produit ses grandes fleurs en forme de marguerite aux pétales rose-pourpre et au cœur brun-orangé dès le mois de juillet suivant. Sa résistance à la sécheresse une fois établie en fait une plante idéale pour les jardins qui ne bénéficient pas d’un arrosage régulier en été. Elle attire les abeilles et les papillons, ce qui en fait un choix très apprécié dans les jardins naturels et les massifs mellifères.
Pour une floraison optimale dès la première année, plantez les godets en les espaçant d’environ 40 à 50 centimètres. Évitez les sols trop riches ou trop humides qui favorisent le feuillage au détriment des fleurs.
La Salvia nemorosa, une vivace qui fleurit sans relâche
La sauge des bois, ou Salvia nemorosa, est une vivace de premier plan pour les jardins ensoleillés. Elle produit de longues épis dressés de fleurs bleu-violet ou rose vif selon les variétés, dès le mois de mai ou juin après une plantation automnale. Sa particularité est de refleurir généreusement si on prend soin de couper les tiges fanées après la première vague de floraison. Certaines années, elle offre jusqu’à trois floraisons successives entre mai et septembre.
Les variétés les plus populaires comme ‘Caradonna’ ou ‘May Night’ sont particulièrement appréciées pour leur port compact et leur couleur intense. Elles s’associent très bien avec les graminées ornementales ou les roses, créant des contrastes de texture et de couleur très élégants.
Le Geranium vivace, le couvre-sol qui fleurit dès mai
Ne pas confondre avec le géranium des balcons, qui est en réalité un Pelargonium. Le géranium vivace, ou Geranium botanique, est une plante d’une grande facilité de culture. Planté en automne, il forme rapidement un beau couvre-sol dense et fleurit abondamment dès le printemps suivant. Les variétés comme Geranium ‘Rozanne’ sont particulièrement remarquables, avec une floraison bleu-violet qui s’étire de mai jusqu’aux premières gelées.
Il tolère aussi bien le soleil que la mi-ombre, ce qui en fait une solution polyvalente pour les coins difficiles du jardin. Sa rusticité est excellente, supportant sans problème des températures hivernales descendant à -20°C selon les variétés.
L’Achillea millefolium, l’achillée millefeuille des jardins naturels
L’achillée millefeuille est une vivace qui s’adapte à presque toutes les situations. Plantée en automne dans un sol ordinaire et bien drainé, elle développe rapidement un feuillage finement découpé et aromatique, puis produit ses larges ombelles de fleurs blanches, jaunes, roses ou rouges selon les variétés dès le mois de juin. Elle est particulièrement résistante à la sécheresse et aux sols pauvres, ce qui en fait une plante presque indéstructible une fois établie.
Les variétés de la série ‘Tutti Frutti’ ou ‘Summer Pastels’ offrent une palette de couleurs très variée et une floraison qui dure tout l’été. Attention toutefois à ne pas planter l’achillée dans un sol trop riche ou trop humide, car elle a tendance à s’étaler de manière envahissante dans ces conditions.
Le Rudbeckia fulgida, la fleur d’or de l’automne
Si les premières vivaces citées fleurissent surtout en été, le rudbeckia prend le relais en fin de saison. Planté en automne, il produit dès le mois d’août suivant ses grandes fleurs jaune vif au cœur brun-noir, qui persistent souvent jusqu’aux premières gelées. La variété Rudbeckia fulgida ‘Goldsturm’ est la référence absolue dans cette catégorie, récompensée par le célèbre Award of Garden Merit de la Royal Horticultural Society.
Il pousse aussi bien en plein soleil qu’en mi-ombre légère, et tolère les sols lourds mieux que beaucoup d’autres vivaces. Sa résistance aux maladies et aux ravageurs est remarquable, ce qui en fait une plante très peu exigeante en entretien.
Comment préparer le sol pour maximiser la floraison dès la première année
La réussite d’une vivace plantée en automne dépend en grande partie de la qualité de la préparation du sol. Même les espèces les plus robustes apprécient un sol ameubli en profondeur, débarrassé des mauvaises herbes et légèrement enrichi en compost mûr. Voici les étapes essentielles à respecter avant toute plantation :
- Bêcher le sol sur 30 à 40 centimètres de profondeur pour briser les mottes et améliorer le drainage
- Incorporer du compost mûr à raison de 3 à 5 litres par mètre carré pour améliorer la structure du sol
- Éliminer soigneusement les racines de mauvaises herbes vivaces comme le liseron ou le chiendent, qui seraient très difficiles à contrôler une fois les vivaces installées
- Ajouter du sable grossier dans les sols argileux pour améliorer le drainage hivernal
- Laisser le sol se tasser quelques jours avant de planter pour éviter que les jeunes plants ne s’enfoncent trop profondément
Les erreurs à éviter lors de la plantation automnale
Même avec les meilleures vivaces du monde, certaines erreurs peuvent compromettre la floraison de la première année. La première d’entre elles est de planter trop tard. Pour que les racines aient le temps de s’installer avant le gel, il faut idéalement planter avant la mi-novembre dans la plupart des régions françaises, voire avant fin octobre dans les zones de montagne ou dans le nord du pays.
L’autre erreur fréquente est de trop arroser après la plantation. L’automne apporte généralement suffisamment de pluie pour maintenir le sol humide. Un excès d’eau peut au contraire favoriser les maladies fongiques et faire pourrir les racines dans les sols mal drainés. Un arrosage d’installation juste après la plantation suffit dans la plupart des cas.
Enfin, beaucoup de jardiniers ont le réflexe de pailler généreusement leurs nouvelles plantations en automne, ce qui est une bonne idée en principe. Attention toutefois à ne pas mettre le paillis directement au contact du collet de la plante, au risque de provoquer des pourritures. Un espace libre d’une dizaine de centimètres autour du pied est suffisant pour protéger la plante tout en évitant ce problème.
Associer les vivaces pour un jardin fleuri du printemps à l’automne
L’un des grands avantages de travailler avec des vivaces est la possibilité de créer des successions de floraisons qui couvrent l’ensemble de la saison. En combinant des espèces à floraison précoce comme la sauge des bois ou le géranium vivace avec des espèces estivales comme l’échinacée ou l’achillée, et des espèces de fin de saison comme le rudbeckia, on obtient un massif qui ne connaît quasiment aucun temps mort entre mai et octobre.
Les associations les plus réussies jouent aussi sur les contrastes de hauteur et de texture. Un fond de massif composé d’échinacées et de rudbeckias, devant lequel on place des sauges de taille moyenne et des géraniums vivaces en bordure, crée une composition à la fois naturelle et structurée qui demande très peu d’entretien une fois en place.
Les graminées ornementales comme le Calamagrostis x acutiflora ou le Pennisetum alopecuroides s’intègrent parfaitement dans ce type de massif, apportant du mouvement et une dimension supplémentaire en automne et en hiver, quand leurs épis persistent même après les premières gelées.
L’entretien minimal pour des vivaces en pleine forme
Une fois installées et après leur première floraison, les vivaces demandent un entretien très réduit. La principale intervention consiste à couper les tiges florales fanées pour encourager une nouvelle vague de floraison et éviter que la plante ne s’épuise à produire des graines. Cette opération, appelée deadheading en anglais, prend quelques minutes par semaine et fait une différence considérable sur la durée et l’abondance de la floraison.
En fin d’automne ou au début de l’hiver, il est possible de laisser les tiges en place pour offrir des abris aux insectes auxiliaires et de la nourriture aux oiseaux granivores. Le rudbeckia et l’échinacée sont particulièrement appréciés des mésanges et des chardonnerets qui viennent picorer leurs graines tout au long de l’hiver. La coupe de fin de saison peut alors être repoussée au début du printemps, juste avant que les nouvelles pousses n’émergent.
Tous les trois ou quatre ans, il est conseillé de diviser les touffes qui deviennent trop denses pour les rajeunir et les multiplier. Cette opération, réalisée de préférence au printemps ou en automne, permet d’obtenir gratuitement de nouveaux plants pour agrandir les massifs ou partager avec d’autres jardiniers.