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- Comprendre d’abord le rôle du chlore dans une piscine
- Le skimmer : à quoi sert-il vraiment ?
- Mettre le chlore dans le skimmer : les risques concrets
- Un risque chimique pour la pompe et le filtre
- Un risque en cas d’arrêt de la pompe
- Une diffusion inégale du chlore dans le bassin
- Le flotteur de chlore : une solution plus adaptée
- Les avantages du flotteur
- Les limites du flotteur
- Alors, quelle méthode choisir ?
- Le bon taux de chlore à maintenir dans votre piscine
- Ne pas oublier le pH, indissociable du chlore
- Les alternatives au chlore traditionnel
- Ce que disent les professionnels de la piscine
Quand on possède une piscine, la question du traitement de l’eau revient très vite sur la table.
Et parmi les interrogations les plus fréquentes des propriétaires, il y en a une qui revient régulièrement : faut-il mettre le chlore directement dans le skimmer, ou vaut-il mieux opter pour un flotteur ? Ce n’est pas une question anodine.
Selon la méthode choisie, les conséquences sur votre équipement, la qualité de l’eau et même la sécurité des baigneurs peuvent être très différentes.
Voici ce qu’il faut vraiment savoir avant de jeter vos galets de chlore n’importe où.
Comprendre d’abord le rôle du chlore dans une piscine
Le chlore est le désinfectant le plus utilisé dans les piscines privées en France. Son rôle est simple : éliminer les bactéries, les algues et les micro-organismes qui prolifèrent naturellement dans une eau stagnante et chaude. Sans traitement, une piscine devient rapidement un bouillon de culture peu engageant, voire dangereux pour la santé.
Il existe plusieurs formes de chlore disponibles dans le commerce :
- Les galets de chlore lent (trichlore), qui se dissolvent progressivement sur plusieurs jours
- Les galets de chlore rapide ou pastilles, qui agissent en quelques heures
- Le chlore choc en granulés, utilisé pour les traitements ponctuels
- Le chlore liquide, moins courant chez les particuliers
La forme la plus répandue pour un usage quotidien reste le galet de trichlore de 200 grammes. C’est précisément ce type de produit qui se retrouve au cœur du débat : skimmer ou flotteur ?
Le skimmer : à quoi sert-il vraiment ?
Avant de trancher, il faut rappeler la fonction première du skimmer. Cet équipement, intégré dans la paroi de la piscine au niveau de la surface de l’eau, a pour mission d’aspirer les impuretés flottantes : feuilles mortes, insectes, crème solaire, poussières. Il est relié au système de filtration et envoie l’eau vers le filtre à sable ou à cartouche avant de la renvoyer propre dans le bassin.
Le skimmer est donc avant tout un organe de filtration mécanique, pas un distributeur de produits chimiques. C’est là que le problème commence quand on y place des galets de chlore.
Mettre le chlore dans le skimmer : les risques concrets
Beaucoup de propriétaires de piscine ont pris l’habitude de glisser un ou deux galets dans le panier du skimmer. C’est pratique, rapide, et ça semble logique puisque l’eau y passe en permanence. Mais cette pratique comporte plusieurs inconvénients sérieux.
Un risque chimique pour la pompe et le filtre
Le trichlore, qui compose la grande majorité des galets de chlore lent, est un produit acide avec un pH très bas, autour de 2,8 à 3. Quand un galet se dissout dans le skimmer, il produit une solution extrêmement concentrée et acide qui part directement vers la pompe, le préfiltre et le filtre.
Avec le temps, cette concentration d’acide attaque les joints, les raccords en plastique, les pièces en caoutchouc et même certaines parties métalliques de la pompe. Des fuites peuvent apparaître, et dans les cas les plus graves, la pompe peut être endommagée de façon irréversible. Le remplacement d’une pompe de piscine représente une dépense comprise entre 300 et 800 euros selon les modèles, sans compter la main-d’œuvre si vous faites appel à un professionnel.
Un risque en cas d’arrêt de la pompe
Voilà un scénario que beaucoup n’anticipent pas. Quand la pompe s’arrête, que ce soit en fin de cycle de filtration ou lors d’une coupure de courant, l’eau reste stagnante dans le skimmer. Le galet de chlore continue de se dissoudre lentement dans cette eau immobile, créant une solution extrêmement concentrée.
Au redémarrage de la pompe, cette eau hyper-chlorée et acide part d’un coup dans le circuit. Ce phénomène, que les professionnels appellent parfois le « choc chimique au démarrage », est particulièrement agressif pour les équipements. Il peut aussi provoquer une décoloration localisée du liner si cette eau concentrée touche le revêtement avant d’être suffisamment diluée.
Une diffusion inégale du chlore dans le bassin
Un autre problème souvent ignoré : quand le chlore passe en grande quantité par le skimmer, il est renvoyé dans le bassin par les buses de refoulement situées généralement au fond ou sur les parois. La diffusion n’est pas homogène. Certaines zones du bassin, éloignées des buses, reçoivent moins de chlore que d’autres. Résultat : un traitement inégal qui peut laisser des zones propices au développement d’algues.
Le flotteur de chlore : une solution plus adaptée
Le flotteur de chlore, aussi appelé diffuseur flottant, est un petit dispositif en plastique que l’on pose simplement à la surface de l’eau. Il contient un ou plusieurs galets de chlore et dispose d’ouvertures réglables qui permettent de contrôler la vitesse de dissolution et donc la quantité de chlore diffusée dans l’eau.
Son fonctionnement est simple : il dérive librement à la surface du bassin, diffuse le chlore progressivement et de façon relativement homogène sur toute la surface. Quand les galets sont consumés, on en remet de nouveaux.
Les avantages du flotteur
- Aucun risque pour les équipements : le chlore ne passe pas par la pompe ni par le filtre
- Diffusion plus régulière dans l’ensemble du bassin grâce au déplacement du flotteur
- Contrôle de la dose grâce aux ouvertures réglables
- Coût très faible : un flotteur basique coûte entre 5 et 15 euros
- Facilité d’utilisation : pas besoin d’ouvrir le skimmer régulièrement
Les limites du flotteur
Le flotteur n’est pas parfait non plus. Il faut impérativement le retirer avant la baignade. Un galet de trichlore en contact direct avec la peau peut provoquer des irritations, voire des brûlures légères. De même, si le flotteur reste coincé contre le liner ou une paroi pendant plusieurs heures, la concentration locale de chlore peut décolorer le revêtement.
Par vent fort, le flotteur peut aussi se retrouver bloqué dans un coin du bassin et perdre son efficacité de diffusion uniforme. Un simple coup d’œil lors du passage devant la piscine suffit généralement à corriger cela.
Alors, quelle méthode choisir ?
La réponse des professionnels de la piscine est assez claire sur ce point : le flotteur est préférable au skimmer pour l’introduction des galets de chlore lent. La grande majorité des fabricants de pompes et d’équipements de piscine déconseillent d’ailleurs explicitement de placer des produits chimiques dans le skimmer. Certains constructeurs vont même jusqu’à préciser que cette pratique peut annuler la garantie de la pompe.
Cela dit, il existe des situations où certains propriétaires n’ont pas d’autre choix facile. Dans ce cas, voici quelques précautions minimales à respecter si vous tenez absolument à utiliser le skimmer :
- Ne jamais laisser un galet dans le skimmer quand la pompe est à l’arrêt
- Utiliser des galets de chlore lent de petite taille pour limiter la concentration
- Vérifier régulièrement l’état des joints et des raccords du circuit hydraulique
- Rincer le skimmer à l’eau claire de temps en temps pour éviter les dépôts
Le bon taux de chlore à maintenir dans votre piscine
Quelle que soit la méthode utilisée, l’objectif reste le même : maintenir un taux de chlore libre compris entre 0,5 et 1,5 mg/litre (ou ppm) dans l’eau du bassin. En dessous, la désinfection est insuffisante. Au-dessus, l’eau devient irritante pour les yeux et la peau des baigneurs.
Pour vérifier ce taux, il existe plusieurs outils :
- Les bandelettes de test, économiques et rapides mais moins précises
- Les comparateurs colorimétriques, plus fiables pour un usage régulier
- Les testeurs électroniques, précis mais plus coûteux (entre 30 et 150 euros)
Il est recommandé de tester l’eau deux à trois fois par semaine en période de forte utilisation, et au moins une fois par semaine le reste du temps. La température de l’eau joue un rôle important : plus l’eau est chaude, plus le chlore se dégrade rapidement et plus la consommation augmente.
Ne pas oublier le pH, indissociable du chlore
Un point que beaucoup de propriétaires négligent : le chlore n’est efficace que si le pH de l’eau est correct. Le pH idéal d’une piscine se situe entre 7,2 et 7,4. Si le pH est trop élevé (supérieur à 7,6), le chlore perd une grande partie de son efficacité désinfectante, même si le taux mesuré semble correct.
Le trichlore, étant acide, tend naturellement à faire baisser le pH de l’eau avec le temps. C’est une raison supplémentaire de surveiller régulièrement ces deux paramètres ensemble et d’ajuster si nécessaire avec un pH plus ou un pH moins selon les besoins.
Les alternatives au chlore traditionnel
Pour ceux qui cherchent à réduire leur dépendance au chlore chimique, il existe aujourd’hui plusieurs alternatives ou compléments :
- L’électrolyse au sel, qui produit du chlore naturellement à partir du sel dissous dans l’eau. Le système nécessite un investissement initial mais réduit l’achat de produits chimiques.
- Le brome, plus stable que le chlore à haute température, souvent utilisé dans les spas et jacuzzis.
- Les systèmes UV, qui détruisent les bactéries par rayonnement ultraviolet, généralement utilisés en complément d’un traitement chimique réduit.
- L’oxygène actif, une alternative sans chlore mais qui demande une gestion plus rigoureuse et fonctionne mieux dans les piscines peu fréquentées.
Ces alternatives ont chacune leurs contraintes et leur coût. Le chlore reste à ce jour la solution la plus accessible et la plus éprouvée pour la majorité des piscines privées en France.
Ce que disent les professionnels de la piscine
Les piscinistes et techniciens spécialisés sont unanimes sur un point : la régularité du traitement est bien plus importante que la méthode utilisée. Une eau bien équilibrée en chlore et en pH, testée et ajustée fréquemment, sera toujours plus saine qu’une eau traitée de façon irrégulière avec la méthode théoriquement parfaite.
Pour le reste, le consensus professionnel penche clairement en faveur du flotteur pour les galets de chlore lent, et réserve le skimmer à son usage premier : la filtration mécanique de l’eau. Certains professionnels recommandent d’utiliser un diffuseur en ligne, un dispositif installé directement sur le circuit de retour d’eau, qui permet une diffusion encore plus contrôlée et régulière du chlore sans risque pour les équipements en amont.
Prendre soin de sa piscine, c’est aussi prendre soin de ses équipements. Un liner remplacé prématurément, une pompe tombée en panne ou un filtre détérioré par des produits chimiques mal utilisés, c’est plusieurs centaines voire milliers d’euros de réparations qui auraient pu être évitées avec quelques bonnes habitudes dès le départ.