Afficher Masquer le sommaire
- Pourquoi septembre est un mois clé pour les rosiers
- Le geste principal : la taille de propreté et le deadheading
- Comment pratiquer le deadheading correctement
- Faut-il tailler plus sévèrement en septembre ?
- L’alimentation : un facteur souvent négligé
- L’arrosage en septembre
- Traiter les maladies avant la dernière floraison
- Choisir les bonnes variétés pour une floraison automnale généreuse
- Préparer les rosiers pour l’hiver sans sacrifier la floraison de septembre
Septembre arrive, les journées raccourcissent, et beaucoup de jardiniers commettent la même erreur : ils abandonnent leurs rosiers à leur sort, persuadés que la belle saison est terminée.
C’est précisément le contraire qu’il faut faire.
Le mois de septembre représente une fenêtre courte mais réelle pour obtenir une dernière vague de fleurs, parfois aussi généreuse que celle du printemps.
Les rosiers remontants, qui constituent aujourd’hui la grande majorité des variétés cultivées dans les jardins français, ont biologiquement la capacité de refleurir jusqu’aux premières gelées.
Encore faut-il leur donner un coup de pouce au bon moment, avec les bons gestes.
Pourquoi septembre est un mois clé pour les rosiers
Beaucoup de personnes pensent que le jardinage des rosiers se résume à la taille de printemps et à quelques arrosages estivaux. La réalité est plus nuancée. Les rosiers traversent l’été dans un état de semi-fatigue : la chaleur, la sécheresse, les maladies comme la tache noire ou l’oïdium les ont éprouvés. En août, ils ralentissent leur croissance. Puis, avec le retour des températures plus douces et des nuits fraîches de septembre, quelque chose se réveille dans la plante.
Les rosiers remontants ont en effet la particularité de produire plusieurs cycles de floraison par saison. Après chaque vague de fleurs, la plante entre dans une phase de repos relatif avant de repartir. En septembre, si les conditions sont réunies et si le jardinier intervient correctement, un nouveau cycle peut démarrer. Les fleurs d’automne ont souvent des couleurs plus intenses et une durée de vie plus longue que celles d’été, car les températures fraîches ralentissent leur évolution.
Le geste principal : la taille de propreté et le deadheading
Le geste le plus important à réaliser en septembre sur les rosiers, c’est ce que les anglophones appellent le deadheading, ou suppression des fleurs fanées. En français, on parle parfois de taille de propreté ou d’égourmandage. L’idée est simple : tant que le rosier porte des fleurs mortes, des graines en formation ou des hanches (les fruits du rosier), il concentre son énergie sur la reproduction plutôt que sur la production de nouvelles fleurs.
En retirant ces éléments, on envoie un signal clair à la plante : elle n’a pas encore accompli sa mission de reproduction, elle doit continuer à fleurir. C’est un mécanisme biologique que le jardinier peut exploiter à son avantage.
Comment pratiquer le deadheading correctement
La technique ne s’improvise pas tout à fait. Voici comment procéder :
- Utilisez un sécateur propre et bien affûté. Une lame rouillée ou mal aiguisée écrase les tissus végétaux au lieu de les couper, ce qui favorise les infections fongiques.
- Repérez la première feuille à cinq folioles sous la fleur fanée. C’est à cet endroit précis que vous devez couper, en biseau, en laissant environ 5 millimètres au-dessus du bourgeon axillaire situé à l’aisselle de cette feuille.
- Ce bourgeon est celui qui donnera la prochaine tige florale. Si vous coupez trop court ou trop haut, vous retardez la floraison ou vous risquez de dessécher le bourgeon.
- Ramassez et jetez les débris végétaux à la poubelle ou brûlez-les. Ne les mettez surtout pas au compost si vos rosiers ont souffert de maladies cet été, car vous risquez de propager les spores fongiques.
Faut-il tailler plus sévèrement en septembre ?
C’est une question que beaucoup de jardiniers se posent. La réponse est non, pas en septembre. Une taille sévère en automne fragilise les rosiers avant l’hiver. Elle stimule l’émission de jeunes pousses tendres qui seront directement exposées aux premières gelées et qui mourront sans avoir eu le temps de se lignifier.
La grande taille annuelle des rosiers se pratique au printemps, généralement entre février et mars selon les régions, juste avant le débourrement. En septembre, on se contente donc d’une intervention légère et ciblée : on supprime les fleurs mortes, on coupe les tiges malades ou abîmées, et on raccourcit légèrement les rameaux qui ont fleuri pour encourager l’émission de nouveaux bourgeons.
Sur les rosiers buissons, on peut raccourcir d’un tiers les tiges qui portaient des fleurs. Sur les rosiers grimpants, on se contente du deadheading sans toucher à la charpente, qui sera travaillée en fin d’hiver.
L’alimentation : un facteur souvent négligé
Le geste de taille ne suffit pas à lui seul. Pour que le rosier ait l’énergie nécessaire pour produire une nouvelle vague de fleurs, il faut lui apporter les nutriments dont il a besoin. Après un été chargé, les réserves du sol sont souvent épuisées.
En septembre, on peut effectuer un apport d’engrais à libération lente spécifique pour rosiers, en respectant bien les doses indiquées par le fabricant. Attention cependant à ne pas utiliser un engrais trop riche en azote, qui favoriserait la croissance des feuilles au détriment des fleurs. On privilégie les formulations équilibrées ou légèrement riches en potassium, qui favorise la floraison et renforce la résistance de la plante au froid.
Certains jardiniers utilisent le purin d’ortie dilué, qui apporte des oligo-éléments et stimule les défenses naturelles de la plante. C’est une pratique ancienne qui donne de bons résultats, à condition de bien diluer la préparation (environ 10 % de purin pour 90 % d’eau) pour éviter de brûler les racines.
L’arrosage en septembre
Les rosiers ont encore besoin d’eau en septembre, surtout si le mois est sec. Un arrosage régulier au pied de la plante, de préférence le matin, permet de maintenir une humidité suffisante dans le sol. On évite d’arroser le feuillage, qui met du temps à sécher en automne et qui devient alors un terrain favorable aux maladies fongiques.
Un paillage au pied des rosiers en septembre est une excellente idée : il conserve l’humidité du sol, régule la température et limite la pousse des mauvaises herbes. On peut utiliser du broyat de bois, de la paille, des feuilles mortes broyées ou des copeaux d’écorce de pin.
Traiter les maladies avant la dernière floraison
Un rosier malade ne fleurira pas bien, même si vous avez fait tous les autres gestes correctement. Septembre est le bon moment pour faire un bilan sanitaire de vos plantes et intervenir si nécessaire.
La tache noire (Diplocarpon rosae) est la maladie la plus fréquente sur les rosiers en France. Elle se manifeste par des taches noires cerclées de jaune sur les feuilles, qui finissent par tomber prématurément. Si vos rosiers en souffrent, ramassez toutes les feuilles tombées et traitez avec un fongicide à base de soufre ou de bouillie bordelaise, en respectant les délais avant la floraison.
L’oïdium se reconnaît à son feutrage blanc poudreux sur les jeunes feuilles et les boutons floraux. Un traitement au bicarbonate de soude dilué (1 cuillère à café par litre d’eau, avec quelques gouttes de savon noir) peut suffire dans les cas légers. Pour les attaques plus sévères, un fongicide du commerce sera nécessaire.
Les pucerons, eux, peuvent revenir en force en septembre avec la baisse des températures. Un jet d’eau puissant sur les colonies suffit souvent à les décrocher. Sinon, un savon insecticide ou une huile de neem feront l’affaire sans nuire aux auxiliaires du jardin.
Choisir les bonnes variétés pour une floraison automnale généreuse
Tous les rosiers ne sont pas égaux face à la floraison d’automne. Certaines variétés sont réputées pour leur capacité à produire une dernière vague de fleurs particulièrement belle en septembre-octobre.
| Variété | Type | Caractéristique automnale |
|---|---|---|
| Iceberg | Rosier floribunda | Floraison abondante jusqu’aux gelées |
| The Fairy | Rosier polyantha | Petites fleurs roses en grappes très généreuses |
| Bonica 82 | Rosier arbustif | Très remontant, résistant aux maladies |
| New Dawn | Rosier grimpant | Bonne remontance en automne doux |
| Graham Thomas | Rosier anglais (David Austin) | Floraison jaune intense en automne |
Si vous constatez que certains de vos rosiers ne refleurissent jamais en automne malgré tous vos soins, il est possible qu’il s’agisse de variétés non remontantes, comme certains rosiers botaniques ou rosiers anciens qui ne fleurissent qu’une seule fois par an, au printemps. Dans ce cas, inutile d’insister : profitez de leur floraison unique et consacrez vos efforts aux variétés remontantes.
Préparer les rosiers pour l’hiver sans sacrifier la floraison de septembre
Il faut trouver le bon équilibre entre encourager la dernière floraison et préparer les plantes à affronter l’hiver. Les deux objectifs ne sont pas incompatibles, à condition de respecter un calendrier.
En septembre, on stimule la floraison avec les gestes décrits plus haut. À partir de la mi-octobre, on commence à lever le pied : on arrête les apports d’engrais, on réduit l’arrosage et on laisse les dernières fleurs se faner naturellement, voire former des hanches. Ces hanches signalent à la plante que le cycle annuel est terminé et qu’il est temps d’entrer en dormance. C’est un signal naturel important pour la bonne préparation hivernale du rosier.
La protection hivernale des rosiers, avec du paillage au pied et éventuellement un voile d’hivernage pour les variétés sensibles au gel, interviendra quant à elle en novembre, une fois les premières gelées annoncées. Mais tout cela, c’est une autre histoire. En septembre, il est encore trop tôt pour y penser. Ce mois-là appartient encore à la floraison.