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- Pourquoi la menthe est-elle aussi envahissante ?
- Septembre : pourquoi ce mois est particulièrement adapté
- Des températures plus clémentes pour la reprise racinaire
- La plante entre progressivement en repos
- Les pluies de septembre facilitent l’arrosage post-division
- Comment diviser la menthe correctement en septembre
- Le matériel nécessaire
- Les étapes de la division
- Les techniques pour contenir la menthe durablement
- La culture en pot ou en bac
- Les barrières anti-rhizomes
- La plantation dans un contenant enterré
- La tonte régulière des bords
- Que faire des éclats excédentaires ?
- Les variétés de menthe et leurs niveaux d’envahissement
- Quelques erreurs à éviter lors de la division de septembre
- La menthe, une plante qui mérite qu’on s’en occupe
La menthe a cette réputation bien méritée de transformer un coin de jardin en véritable champ en l’espace de quelques saisons.
Ce que l’on plante innocemment dans un pot ou en pleine terre finit par coloniser les massifs voisins, étouffer les autres plantes aromatiques et rendre le désherbage interminable.
Septembre arrive, les températures baissent, les pluies reprennent doucement, et beaucoup de jardiniers se demandent si c’est le bon moment pour s’attaquer au problème.
La réponse est oui, et pour de bonnes raisons.
Pourquoi la menthe est-elle aussi envahissante ?
Avant de parler de division et de contention, il faut comprendre ce qui rend la menthe aussi difficile à contrôler. La plante se propage principalement grâce à ses stolons, ces tiges souterraines horizontales qui s’étendent dans toutes les directions et produisent de nouveaux pieds à intervalles réguliers. Contrairement à d’autres plantes qui se reproduisent essentiellement par graines, la menthe colonise le sol par voie végétative, ce qui lui permet d’avancer rapidement et silencieusement.
Un seul pied de Mentha spicata ou de Mentha piperita peut couvrir plusieurs mètres carrés en une seule saison de végétation. Les stolons s’enfoncent parfois à 20 ou 30 centimètres de profondeur, ce qui complique l’arrachage manuel. Le moindre fragment de tige oublié dans le sol suffit à régénérer une nouvelle plante. C’est précisément pour cette raison que le simple désherbage ne résout rien sur le long terme.
Septembre : pourquoi ce mois est particulièrement adapté
La question du timing n’est pas anodine en jardinage. Diviser une plante au mauvais moment peut l’affaiblir inutilement ou compromettre sa reprise. Pour la menthe, septembre présente plusieurs avantages concrets.
Des températures plus clémentes pour la reprise racinaire
Après les chaleurs estivales, le sol commence à se rafraîchir sans pour autant être trop froid. Les racines reprennent leur activité de façon plus sereine qu’en plein été, où le stress hydrique et la chaleur peuvent freiner la reprise après une division. En septembre, la plante dispose encore de plusieurs semaines de végétation avant les premières gelées pour s’installer correctement dans son nouvel emplacement.
La plante entre progressivement en repos
La menthe commence à ralentir sa croissance à l’approche de l’automne. C’est précisément ce ralentissement qui facilite la division : la plante mobilise moins d’énergie pour sa partie aérienne et peut concentrer ses ressources sur le développement racinaire après la transplantation. Diviser une menthe en pleine poussée printanière ou estivale génère plus de stress qu’en début d’automne.
Les pluies de septembre facilitent l’arrosage post-division
L’un des impératifs après une division est de maintenir le sol humide pour favoriser la reprise. En septembre, les précipitations reprennent généralement dans la plupart des régions françaises, ce qui réduit la charge d’arrosage et limite les risques de dessèchement des éclats fraîchement replantés.
Comment diviser la menthe correctement en septembre
La division de la menthe n’est pas une opération complexe, mais elle demande un minimum de méthode pour être efficace et pour ne pas laisser de fragments stolonifères qui repousseront là où on ne le souhaite pas.
Le matériel nécessaire
- Une fourche-bêche ou une bêche tranchante
- Un sécateur désinfecté
- Des gants de jardinage
- Du terreau ou du compost pour amender le sol de replantation
- Des contenants ou des barrières anti-rhizomes si vous souhaitez contenir la plante
Les étapes de la division
- Arrosez abondamment la veille pour ramollir le sol et faciliter l’extraction des stolons sans les casser.
- Délimitez la zone à diviser en enfonçant la bêche sur tout le périmètre du massif envahi, à une profondeur d’au moins 25 à 30 centimètres.
- Extrayez les touffes à l’aide de la fourche-bêche en soulevant délicatement pour récupérer un maximum de stolons.
- Séparez les éclats en portions comportant chacune quelques tiges feuillées et un système racinaire intact. Chaque éclat doit mesurer au minimum 10 à 15 centimètres.
- Inspectez soigneusement le sol pour retirer tous les fragments de stolons restants. C’est l’étape la plus fastidieuse mais la plus importante pour éviter une repousse non désirée.
- Replantez les éclats sélectionnés à l’emplacement voulu, en les espaçant d’une trentaine de centimètres si vous en plantez plusieurs.
- Arrosez généreusement après la plantation et maintenez une humidité régulière pendant les deux à trois semaines suivantes.
Les techniques pour contenir la menthe durablement
Diviser la menthe sans mettre en place un système de contention revient à repousser le problème de quelques mois. Pour éviter que la situation ne se reproduise, plusieurs solutions existent, chacune avec ses avantages et ses limites.
La culture en pot ou en bac
C’est la solution la plus radicale et la plus efficace. En cultivant la menthe en pot, les stolons n’ont nulle part où aller. Un pot de 30 à 40 centimètres de diamètre est suffisant pour un beau pied de menthe. L’inconvénient est que la plante s’épuise plus vite en contenant et nécessite un arrosage et une fertilisation plus réguliers qu’en pleine terre. Il faut penser à la diviser ou à la rempoter tous les deux ans pour éviter que les racines ne s’enchevêtrent trop.
Les barrières anti-rhizomes
Pour ceux qui souhaitent garder la menthe en pleine terre tout en limitant son expansion, les barrières anti-rhizomes constituent une alternative sérieuse. Ces membranes en polyéthylène haute densité s’enfoncent verticalement dans le sol à une profondeur de 40 à 60 centimètres et forment une ceinture imperméable autour de la zone de plantation. Elles sont utilisées à l’origine pour contenir les bambous envahissants, mais fonctionnent tout aussi bien avec la menthe.
L’installation se fait en creusant une tranchée sur tout le périmètre souhaité, en y glissant la membrane, puis en rebouchant. Septembre est là encore un bon moment pour réaliser cette installation, en profitant de la division pour délimiter proprement la zone.
La plantation dans un contenant enterré
Une technique intermédiaire consiste à planter la menthe dans un pot sans fond ou dans un seau percé uniquement en bas, que l’on enterre dans le sol. Les stolons restent confinés à l’intérieur du contenant tout en permettant à la plante de bénéficier de l’humidité naturelle du sol. Cette méthode est moins contraignante que la culture en pot classique et donne un résultat esthétique satisfaisant au jardin.
La tonte régulière des bords
Sans barrière physique, la seule façon de limiter l’expansion est de surveiller régulièrement les bordures du massif et de couper les stolons qui tentent de s’échapper. Cette méthode demande de la régularité, idéalement une vérification toutes les deux à trois semaines au printemps et en été. Elle ne supprime pas le problème mais le maintient à un niveau gérable si l’on est assidu.
Que faire des éclats excédentaires ?
Une division de menthe produit souvent bien plus d’éclats que ce dont on a besoin. Inutile de tout jeter. Les possibilités sont nombreuses.
- Offrir des pieds à des voisins ou amis jardiniers en les prévenant de la nature envahissante de la plante.
- Faire des boutures en eau : les tiges de menthe s’enracinent facilement dans un verre d’eau en quelques jours, ce qui permet de préparer de petits plants à offrir ou à vendre.
- Composer des tisanes maison avec les feuilles récoltées lors de la division. Les feuilles de menthe se sèchent facilement à l’air libre ou au four à basse température.
- Pailler les massifs avec les parties aériennes compostables, en veillant à ne pas y laisser de stolons qui pourraient reprendre.
- Mettre les stolons et racines excédentaires au compost, en évitant toutefois les tas de compost trop froids où ils pourraient survivre et redonner des plants.
Les variétés de menthe et leurs niveaux d’envahissement
Toutes les menthes ne sont pas égales face à l’envahissement. Certaines variétés sont nettement plus agressives que d’autres, ce qui peut influencer le choix de la technique de contention à adopter.
| Variété | Nom latin | Niveau d’envahissement |
|---|---|---|
| Menthe poivrée | Mentha piperita | Élevé |
| Menthe verte | Mentha spicata | Très élevé |
| Menthe aquatique | Mentha aquatica | Très élevé |
| Menthe des champs | Mentha arvensis | Élevé |
| Menthe corsée | Mentha suaveolens | Modéré |
| Menthe pouliot | Mentha pulegium | Modéré |
La menthe aquatique mérite une mention particulière : si elle est plantée près d’un bassin ou d’une zone humide, son expansion peut être encore plus rapide et difficile à contenir. Dans ce cas, la culture en pot immergé dans l’eau est vivement recommandée.
Quelques erreurs à éviter lors de la division de septembre
Même bien intentionnée, une division de menthe peut mal tourner si certains pièges classiques ne sont pas évités.
- Ne pas laisser les stolons arrachés traîner sur le sol : ils peuvent reprendre racine même sans être replantés si le sol est humide. Ramassez-les au fur et à mesure.
- Ne pas diviser par temps de gel : si les premières gelées arrivent tôt dans votre région, assurez-vous de réaliser la division avant que les températures nocturnes ne descendent durablement sous zéro.
- Ne pas négliger le paillage après la plantation : un paillis de 5 à 7 centimètres autour des éclats replantés limite l’évaporation et maintient la chaleur du sol, favorisant une meilleure reprise.
- Ne pas replanter immédiatement dans une zone non préparée : si le sol est compact ou pauvre, prenez le temps d’y incorporer du compost avant de replanter.
La menthe, une plante qui mérite qu’on s’en occupe
Malgré son caractère conquérant, la menthe reste l’une des plantes aromatiques les plus utiles et les plus appréciées du jardin. Ses usages en cuisine, en infusion, en cosmétique maison et même comme répulsif naturel contre certains insectes en font une alliée précieuse. Le problème n’est pas la plante elle-même, mais la façon dont elle est installée et gérée dans le temps. Septembre offre une fenêtre idéale pour reprendre la main, diviser les touffes devenues trop denses, replanter avec méthode et mettre en place les dispositifs qui éviteront de revivre la même situation la saison suivante. Un peu d’organisation en automne, et la menthe redevient ce qu’elle devrait toujours être : une plante généreuse et parfumée, pas une envahisseuse incontrôlable.