Nobel de la paix 2025 : dix noms qui pourraient bouleverser les pronostics

0
Afficher Masquer le sommaire

Oslo. 10 octobre 2025.

L’annonce du lauréat du prix Nobel de la paix attire, cette année encore, tous les regards.

Derrière la façade feutrée du comité norvégien, 338 candidatures. Beaucoup d’attentes, d’incertitudes.

Les jeux semblent ouverts, entre favoris installés et outsiders inattendus, dans un contexte international sous haute tension.

Depuis les récents choix du jury, plus ouverts à la diversité géographique, la compétition s’intensifie et les surprises ne manquent pas.

Un contexte mondial sous pression

La guerre au Soudan, la répression en Russie, les conflits persistants en Ukraine et à Gaza : les dossiers brûlants s’accumulent. Les 244 personnalités et 94 organisations en lice reflètent ces fractures, mais aussi une envie de souligner l’action de la société civile, des défenseurs de la liberté et des artisans de la paix. Le prix, rappelons-le, récompense l’engagement pour la fraternité, la réduction des armements, le dialogue entre les nations. Un critère souvent interprété, jamais figé.

Des réseaux locaux aux grandes figures : les favoris du Nobel 2025

  • Emergency Response Rooms (ERRs) – Soudan : Plus de 700 associations soudanaises réunies dans ce réseau. Sur le terrain, au cœur de la guerre civile, les ERRs pallient l’effondrement de l’État. Soins, ravitaillement, évacuations, information indépendante : la solidarité se structure. Alors que 13 millions de personnes sont déplacées, l’ONU parle de la « plus grande crise humanitaire mondiale ». Leur action, massive, visible, pourrait marquer le jury.
  • Yulia Navalnaya : Son nom s’est imposé dans l’actualité après la mort en détention de son mari, Alexeï Navalny, opposant russe emblématique. Depuis, elle incarne la résistance face à la répression politique en Russie. Sa chaîne de télévision anti-Kremlin, son engagement croissant pour la société civile lui valent une place de choix parmi les candidats crédibles.
  • Court pénale internationale (CPI) : L’institution, chargée de poursuivre les crimes de guerre et les génocides, traverse une période de turbulences. Mandats d’arrêt contre des responsables israéliens, sanctions américaines, retrait de plusieurs pays africains : la CPI symbolise la justice internationale sous pression. Un Nobel serait un message fort, alors que son indépendance est régulièrement remise en cause.
  • Volodymyr Zelensky : Le président ukrainien cristallise l’attention depuis l’invasion russe. Symbole de la résistance, il demeure une figure controversée au sein du comité Nobel, du fait de la poursuite des affrontements et de l’absence de dialogue réel avec Moscou. Son nom revient néanmoins, année après année.
  • Standing Together : Cette organisation israélo-palestinienne, née en 2015, milite à contre-courant dans la région la plus polarisée du globe. Ses 5 300 membres s’opposent à la colonisation, manifestent pour l’acheminement de l’aide à Gaza, défendent l’égalité entre citoyens juifs et arabes. Leur action, locale et transversale, incarne une voie alternative face à l’escalade des violences.

Des surprises en embuscade

  • Mahrang Baloch : Figure montante de la défense des droits humains au Pakistan, elle lutte contre les disparitions forcées et les exécutions extrajudiciaires touchant la minorité baloutche. Détenue depuis mars, accusée de terrorisme, elle rappelle le destin de Malala Yousafzai, seule Pakistanaise lauréate à ce jour. Son arrestation a provoqué une vague de mobilisation internationale.
  • Reporters Sans Frontières (RSF) : L’organisation continue de dénoncer les atteintes à la liberté de la presse, notamment à Gaza où plus de 200 journalistes ont été tués récemment. RSF incarne le combat pour l’information indépendante, à l’heure où la censure progresse dans de nombreux pays en guerre.
  • Mohammed ben Abdelrahman Al-Thani : Premier ministre du Qatar, il a multiplié les médiations dans la région. Cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, pourparlers entre les États-Unis et les Talibans : sa diplomatie, souvent discrète, a pourtant pesé dans plusieurs crises majeures du Moyen-Orient.
  • Chow Hang-tung : Avocate à Hong Kong, elle défend les militants pro-démocratie et a organisé les veillées de Tiananmen. Arrêtée à plusieurs reprises, elle incarne la résistance non-violente face à la répression chinoise. Son procès, en cours, pourrait la priver de liberté pour dix ans.
  • Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) : Sa candidature paraît symbolique, voire provocatrice. L’OTAN, souvent critiquée pour son interventionnisme, pourrait difficilement être associée à la paix pure. Un choix du comité enverrait un message ambigu sur la place de la dissuasion militaire dans la gestion des conflits.

Jeux d’influence et nouvelles tendances du comité Nobel

Longtemps accusé d’eurocentrisme, le comité Nobel cherche à rajeunir son image. L’ouverture à des acteurs du Sud global se confirme. L’an dernier, l’Iranienne Narges Mohammadi avait été récompensée pour son engagement. Cette année, la liste des nominés fait la part belle aux ONG locales, aux figures du combat pour les droits civiques, aux médiateurs issus de régions en crise.

La présence de candidatures très politiques (CPI, OTAN, Zelensky) contraste avec celle d’activistes issus du terrain ou d’organisations peu institutionnelles. Le choix du lauréat pourrait ainsi cristalliser un débat latent : faut-il privilégier le symbole ou la solution concrète ? La diplomatie ou la résistance ? L’action collective ou le leadership individuel ?

Une sélection 2025 sous haute tension

Nom / OrganisationZone d’actionType d’engagementFacteur de surprise
ERRsSoudanAide humanitaire, documentationSolidarité communautaire massive
Yulia NavalnayaRussieLibertés publiques, oppositionSuccession d’un martyr politique
Standing TogetherIsraël / PalestineCoexistence, égalitéDimension transnationale
Mahrang BalochPakistanDroits humains, minoritésArrestation récente
Reporters Sans FrontièresInternationalLiberté de la pressePoids croissant dans les conflits

Questions pratiques sur le Nobel de la paix

Comment sont sélectionnés les candidats ?

Les candidatures proviennent de parlementaires, professeurs, anciens lauréats, membres d’organisations internationales. Le comité examine leur impact, la portée de leur action, la conformité avec l’esprit du Nobel.

Peut-on refuser le prix ?

Oui, même si c’est rare. Certains lauréats l’ont décliné pour des raisons politiques. D’autres l’ont accepté sous pression ou après négociations.

Pourquoi autant d’ONG et de femmes parmi les favoris ?

Le comité Nobel valorise de plus en plus l’action collective et la représentation des minorités ou des femmes dans la construction de la paix durable.

Des choix qui feront date

Le Nobel de la paix 2025 s’annonce comme un révélateur des fractures du monde et des nouvelles attentes en matière de paix. Entre réseaux locaux, personnalités marquantes et institutions fragilisées, le lauréat à venir portera forcément un message fort. Reste à savoir lequel. Le 10 octobre à Oslo, la scène internationale retiendra son souffle. Une nouvelle page, souvent inattendue, s’écrira dans l’histoire du prix.

Source : https://www.france24.com/en/europe/20251010-ten-contenders-for-the-nobel-peace-prize-who-are-not-donald-trump

5/5 - (5 votes)
Partager cet article

Passionné et curieux, j’aime explorer et partager des perspectives sur l’actualité. Mon objectif est d’offrir à mes lecteurs un regard éclairé sur le monde qui nous entoure.

Les commentaires sont fermés.