Jardin en septembre : ces fleurs à ne surtout pas couper si vous voulez aider les oiseaux cet hiver

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Chaque année, c’est le même réflexe.

Dès que les premières feuilles commencent à jaunir et que l’air du matin prend cette légère fraîcheur caractéristique de la fin août, on attrape les cisailles et on taille, on coupe, on nettoie. Le jardin doit être « propre » avant l’hiver.

C’est une habitude bien ancrée, transmise de génération en génération, et pourtant elle prive chaque automne des milliers d’oiseaux d’une source de nourriture essentielle pour traverser les mois les plus froids.

Ce que l’on prend pour du désordre est en réalité un garde-manger naturel, soigneusement constitué tout au long de l’été.

Avant de sortir les outils de taille en ce mois de septembre, voici ce qu’il faut absolument savoir.

Pourquoi septembre est un mois décisif pour les oiseaux de nos jardins

En septembre, les oiseaux entrent dans une phase de préparation intense. Certaines espèces migrent, d’autres restent et doivent constituer des réserves de graisse pour affronter le froid. Pour les espèces sédentaires comme le rouge-gorge, la mésange bleue, le pinson des arbres ou encore le chardonneret élégant, la disponibilité de nourriture en automne et en hiver est directement liée à leur taux de survie.

Or, une grande partie de cette nourriture ne vient pas des mangeoires que l’on installe dans les jardins, mais bien des plantes elles-mêmes. Les graines, les baies, les akènes et les capitules secs que portent encore de nombreuses fleurs en fin de saison constituent une ressource irremplaçable. Couper ces plantes en septembre, c’est supprimer d’un seul geste plusieurs semaines de nourriture pour des dizaines d’individus.

Les ornithologues et les associations comme la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) alertent depuis des années sur ce sujet. La perte d’habitat et la raréfaction des ressources alimentaires naturelles sont parmi les principales causes du déclin des populations d’oiseaux communs en France. Le jardin domestique, aussi petit soit-il, peut jouer un rôle concret dans la préservation de ces espèces.

Les fleurs à laisser en place absolument jusqu’au printemps

Le tournesol (Helianthus annuus)

C’est sans doute la plante la plus connue pour attirer les oiseaux granivores. Une fois la fleur fanée, le capitule du tournesol se transforme en un véritable festin pour les chardonnerets, les verdiers d’Europe et les mésanges. Les graines de tournesol sont riches en lipides et en protéines, exactement ce dont les oiseaux ont besoin pour maintenir leur température corporelle par temps froid.

Ne coupez pas les tiges en septembre. Laissez-les debout, même si elles penchent ou paraissent disgracieuses. Les oiseaux s’y accrochent et picorent directement dans le capitule pendant des semaines. Une seule tête de tournesol peut nourrir plusieurs oiseaux sur plusieurs jours.

L’échinacée (Echinacea purpurea)

L’échinacée est une vivace de plus en plus populaire dans les jardins naturels, et pour de bonnes raisons. Ses capitules hérissés, une fois les pétales tombés, restent dressés tout l’hiver et regorgent de petites graines très appréciées des chardonnerets élégants et des sizerins flammés. La structure même de la fleur, avec son cœur bombé et épineux, permet aux oiseaux de s’y poser et de s’y agripper facilement.

Laissez les tiges en place jusqu’en mars au moins. En plus de nourrir les oiseaux, les tiges creuses offrent un abri hivernal à de nombreux insectes auxiliaires, ce qui représente un double bénéfice pour l’écosystème du jardin.

La rudbeckie (Rudbeckia fulgida)

Cousine de l’échinacée, la rudbeckie produit elle aussi des capitules persistants chargés de graines. Son feuillage reste souvent en place une bonne partie de l’hiver, offrant à la fois nourriture et couvert aux petits passereaux. Les mésanges et les bruants la fréquentent régulièrement dès que les températures chutent.

Le chardon (Cirsium et Carduus)

Le mot « chardon » fait souvent grimacer les jardiniers, qui y voient une mauvaise herbe envahissante. Pourtant, peu de plantes sont aussi précieuses pour les oiseaux en automne. Le chardonneret élégant, dont le nom ne doit rien au hasard, est spécialement adapté à l’extraction des graines de chardon grâce à son bec fin et pointu. Si vous en avez dans un coin de votre jardin, résistez à la tentation de les arracher ou de les couper avant la fin de l’hiver.

La centaurée (Centaurea spp.)

Les centaurées, qu’il s’agisse de la centaurée des prés ou de la centaurée bleuet, produisent des akènes surmontés d’une aigrette que les oiseaux consomment volontiers. Elles sont particulièrement appréciées des chardonnerets et des linottes mélodieuses. Leurs tiges rigides restent dressées longtemps après la floraison, ce qui les rend accessibles même sous une légère couche de neige.

Le cosmos (Cosmos bipinnatus)

Plante annuelle légère et généreuse, le cosmos produit en fin de saison une quantité impressionnante de graines allongées très appréciées des granivores. Laissez les pieds fanés en place : les mésanges, les verdiers et les chardonnerets s’y retrouveront régulièrement jusqu’à épuisement des réserves.

Le fenouil (Foeniculum vulgare)

Le fenouil, souvent cultivé pour ses usages culinaires, est aussi une plante remarquable pour la faune sauvage. Ses ombelles portent en automne des graines aromatiques que de nombreuses espèces d’oiseaux consomment. Ses grandes tiges creuses constituent par ailleurs un refuge pour les insectes hivernants, qui sont eux-mêmes une source de nourriture pour des espèces comme le rouge-gorge.

La nigelle de Damas (Nigella damascena)

Cette petite annuelle aux fleurs bleutées laisse en fin de saison de jolies capsules gonflées remplies de graines noires. Ces graines sont consommées par plusieurs espèces de passereaux. La nigelle de Damas a aussi l’avantage de se ressemer spontanément si on la laisse en place, ce qui garantit une présence naturelle d’année en année sans effort particulier.

L’agastache (Agastache foeniculum)

L’agastache est une vivace mellifère qui attire les pollinisateurs tout l’été, mais ses épis floraux secs continuent de rendre service en automne et en hiver. Les petites graines qu’ils contiennent sont très appréciées des mésanges et des bruants. C’est une plante doublement utile : pour les insectes en été, pour les oiseaux en hiver.

Comment repenser la gestion du jardin en septembre

Laisser des fleurs en place ne signifie pas abandonner son jardin à lui-même. Il s’agit plutôt de faire des choix raisonnés, de distinguer ce qui peut être taillé de ce qui doit rester. Voici quelques principes simples à adopter :

  • Identifier les plantes à graines avant de tailler : capitules, épis, ombelles et akènes sont les structures à préserver en priorité.
  • Laisser au moins un tiers des tiges florales en place jusqu’en mars, même dans un jardin de petite taille.
  • Créer un coin « nature » dans un angle moins visible du jardin, où les plantes peuvent évoluer librement sans intervention.
  • Éviter le broyage systématique des massifs en automne : les débris végétaux offrent un abri aux insectes qui nourrissent à leur tour les oiseaux insectivores.
  • Compléter avec une mangeoire si nécessaire, mais sans remplacer les ressources naturelles qui restent toujours préférables.

Les oiseaux qui fréquentent le jardin en hiver et leurs besoins spécifiques

Tous les oiseaux ne mangent pas la même chose, et connaître les espèces présentes dans son jardin permet de mieux adapter ses choix de plantes.

EspèceRégime alimentaire hivernalPlantes bénéfiques
Chardonneret élégantGraines fines (chardon, échinacée, centaurée)Chardon, échinacée, centaurée, tournesol
Mésange bleueInsectes, graines, baiesFenouil, agastache, rudbeckie
Rouge-gorgeInsectes, vers, petites baiesPlantes à tiges creuses, litière végétale
Verdier d’EuropeGrosses graines (tournesol, cosmos)Tournesol, cosmos, nigelle
Pinson des arbresGraines variées, baiesCentaurée, rudbeckie, cosmos
Bruant ziziGraines au solToutes les plantes dont les graines tombent naturellement

Ce que dit la science sur l’impact des jardins privés

Une étude publiée dans la revue Nature Communications en 2020 a montré que les jardins privés représentent une superficie totale considérable dans les pays européens et constituent un maillon essentiel des corridors écologiques en milieu urbain et périurbain. En France, les jardins particuliers couvrent plusieurs millions d’hectares, une surface qui dépasse largement celle de nombreux parcs naturels.

Ce que chaque jardinier décide de faire ou de ne pas faire dans son espace a donc un impact réel, même s’il paraît infime à l’échelle individuelle. Multiplié par des millions de jardins, le simple geste de laisser des tiges florales en place tout l’hiver représente une quantité de nourriture disponible pour les oiseaux qui change véritablement la donne à l’échelle d’un territoire.

La LPO et le programme Jardins de Noé encouragent d’ailleurs les particuliers à s’engager dans cette démarche en labellisant les jardins qui respectent certains critères favorables à la biodiversité, dont la gestion raisonnée des végétaux en automne fait partie.

Quelques idées reçues à abandonner définitivement

La première idée reçue est que les fleurs fanées sont inesthétiques et doivent être supprimées. C’est une question de regard et d’habitude. Les capitules secs de l’échinacée, les tiges dorées du fenouil ou les ombelles givrées de la centaurée ont une beauté hivernale réelle, que de nombreux photographes naturalistes mettent en valeur.

La deuxième est que laisser les plantes en place favorise les maladies et les parasites. Dans la très grande majorité des cas, les végétaux sains n’ont pas besoin d’être coupés pour des raisons sanitaires. Ce sont les plantes malades ou attaquées par des champignons qui doivent être retirées, pas les plantes simplement fanées.

La troisième est que les mangeoires suffisent à compenser. Les mangeoires sont utiles, mais elles ne reproduisent pas la diversité et la richesse nutritionnelle des ressources naturelles. Elles peuvent aussi favoriser la transmission de maladies entre oiseaux si elles ne sont pas nettoyées régulièrement. Les ressources naturelles du jardin restent la meilleure option.

Septembre est le mois où tout se joue. Les décisions prises dans le jardin au cours de ces quelques semaines auront des conséquences directes sur la survie de dizaines d’oiseaux pendant les mois les plus difficiles de l’année. Ranger les cisailles un peu plus tôt que prévu est peut-être le geste le plus simple et le plus efficace que l’on puisse faire pour la biodiversité locale.

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Rédacteur du site Economie News spécialiste de l'économie, il est passionné par l'économie et les nouvelles technologies. Il publie des actualités liées à l'économie, la finance et les technologies. Il est actuellement Gérant de la société Impact Seo, une agence web basée Aix-En-Provence.

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