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- Le lierre, ami ou ennemi des arbres ?
- Quand faut-il intervenir ?
- 1. Arbres jeunes ou fragiles
- 2. Risque de chute
- 3. Arbres fruitiers
- Comment enlever le lierre sans abîmer l’arbre ?
- Les alternatives au retrait complet
- La taille de contrôle
- Le cerclage
- Les bienfaits méconnus du lierre
- Le lierre, une plante aux multiples usages
- Lierre et biodiversité : un duo gagnant
- Un refuge pour la faune
- Une source de nourriture
- Le lierre face au changement climatique
- Faut-il changer notre regard sur le lierre ?
Le lierre grimpant le long des troncs d’arbres est un spectacle familier dans nos forêts et jardins.
Cette plante vigoureuse suscite souvent des réactions mitigées : certains l’admirent pour son aspect décoratif, d’autres s’inquiètent de son impact sur la santé des arbres. Mais que faut-il vraiment en penser ?
Pour y voir plus clair, j’ai interrogé Pierre Durand, jardinier professionnel depuis plus de 30 ans.
Ses explications nuancées m’ont permis de mieux comprendre les enjeux liés à la présence du lierre sur nos arbres.
Le lierre, ami ou ennemi des arbres ?
Contrairement aux idées reçues, le lierre n’est pas un parasite. Pierre Durand précise : « Le lierre ne se nourrit pas de la sève de l’arbre, il utilise simplement le tronc comme support pour grimper vers la lumière. » En réalité, cette plante grimpante possède ses propres racines dans le sol qui lui fournissent eau et nutriments.
Voici les principaux effets du lierre sur les arbres :
- Protection contre le gel : le feuillage dense du lierre forme une couche isolante autour du tronc
- Abri pour la biodiversité : oiseaux, insectes et petits mammifères y trouvent refuge
- Alourdissement de l’arbre : dans certains cas, le poids du lierre peut fragiliser des branches
- Concurrence pour la lumière : un lierre trop développé peut gêner la photosynthèse de l’arbre
Quand faut-il intervenir ?
Selon Pierre Durand, il n’est pas toujours nécessaire ni souhaitable d’enlever le lierre. « Dans la plupart des cas, lierre et arbre cohabitent sans problème depuis des années », explique-t-il. Cependant, certaines situations peuvent justifier une intervention :
1. Arbres jeunes ou fragiles
Les jeunes arbres en pleine croissance ont besoin de toute leur énergie. Un lierre trop envahissant pourrait les affaiblir. De même, les arbres malades ou fragilisés par la sécheresse peuvent pâtir de la concurrence du lierre.
2. Risque de chute
Dans les zones fréquentées (jardins publics, bords de route), un arbre alourdi par le lierre peut présenter un risque de chute de branches. Une taille du lierre s’impose alors pour des raisons de sécurité.
3. Arbres fruitiers
Sur les arbres fruitiers, le lierre peut gêner la formation des fruits et compliquer la récolte. Il est généralement préférable de le contenir.
Comment enlever le lierre sans abîmer l’arbre ?
Si vous décidez d’intervenir, voici les conseils de notre expert pour procéder en douceur :
- Coupez le lierre à la base : sectionnez toutes les tiges à environ 1 mètre du sol
- Patientez quelques semaines : laissez le lierre se dessécher naturellement
- Retirez délicatement : une fois sec, le lierre se détache plus facilement
- Évitez d’arracher : vous risqueriez d’endommager l’écorce de l’arbre
- Surveillez les repousses : retirez-les régulièrement pendant quelques mois
Pierre Durand insiste : « N’utilisez jamais de désherbant chimique ! Ces produits sont nocifs pour l’arbre et l’environnement. »
Les alternatives au retrait complet
Plutôt que de supprimer totalement le lierre, des solutions intermédiaires existent :
La taille de contrôle
Une taille régulière permet de contenir le développement du lierre sans le supprimer. Maintenez-le à distance du houppier (partie supérieure de l’arbre) pour préserver l’accès à la lumière.
Le cerclage
Cette technique consiste à couper le lierre en anneau autour du tronc à hauteur d’homme. La partie supérieure se dessèche progressivement, tandis que la base reste vivante pour la biodiversité.
Les bienfaits méconnus du lierre
Au-delà de son rôle écologique, le lierre possède des vertus insoupçonnées :
| Avantage | Explication |
|---|---|
| Purification de l’air | Le lierre absorbe efficacement certains polluants atmosphériques |
| Isolation thermique | Sur les murs, il forme une barrière naturelle contre le froid et la chaleur |
| Protection des façades | Contrairement aux idées reçues, il protège les murs de l’humidité et des intempéries |
Le lierre, une plante aux multiples usages
Pierre Durand souligne que le lierre n’est pas qu’une simple plante décorative. Ses utilisations sont nombreuses :
- En phytothérapie : propriétés anti-inflammatoires et expectorantes
- En cosmétique : entre dans la composition de soins capillaires
- En artisanat : ses tiges souples servent à la vannerie
- En cuisine : les jeunes pousses sont comestibles (avec précaution)
Attention cependant : les baies de lierre sont toxiques pour l’homme et les animaux domestiques.
Lierre et biodiversité : un duo gagnant
Le lierre joue un rôle écologique crucial, notamment en milieu urbain. Pierre Durand explique : « C’est une véritable oasis de biodiversité. Il offre gîte et couvert à de nombreuses espèces tout au long de l’année. »
Un refuge pour la faune
Le feuillage dense du lierre abrite une multitude d’animaux :
- Oiseaux : merles, rouges-gorges, mésanges y nichent
- Insectes : abeilles, papillons, coccinelles s’y réfugient
- Petits mammifères : écureuils, chauves-souris l’utilisent comme abri
Une source de nourriture
Le lierre est une ressource alimentaire précieuse :
- Ses fleurs tardives (septembre-octobre) sont une aubaine pour les pollinisateurs
- Ses baies nourrissent les oiseaux en hiver quand la nourriture se fait rare
- Ses feuilles sont consommées par certains insectes et mammifères
Le lierre face au changement climatique
Dans le contexte du réchauffement climatique, le lierre pourrait jouer un rôle important. Pierre Durand observe : « C’est une plante très résistante à la sécheresse. Elle pourrait aider à préserver la fraîcheur en ville et à lutter contre les îlots de chaleur urbains. »
Plusieurs études scientifiques s’intéressent d’ailleurs au potentiel du lierre pour :
- Réguler la température en milieu urbain
- Absorber le CO2 et les particules fines
- Préserver l’humidité des sols
Faut-il changer notre regard sur le lierre ?
Au terme de notre discussion, Pierre Durand conclut : « Le lierre n’est ni bon ni mauvais en soi. Tout est question d’équilibre. Dans la plupart des cas, il apporte plus de bénéfices que d’inconvénients. »
Plutôt que de chercher systématiquement à l’éliminer, notre expert recommande d’apprendre à le gérer et à l’apprécier. Une approche plus nuancée qui invite à reconsidérer notre relation avec cette plante fascinante.
Alors, la prochaine fois que vous observerez du lierre sur un arbre, peut-être le regarderez-vous d’un œil nouveau. Entre écologie, esthétique et tradition, le lierre a encore beaucoup à nous apprendre sur notre rapport à la nature.
N.B : le prénom et nom « Pierre Durand » ont été modifiés, notre jardinier souhaitant rester anonyme.