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- La capucine, bien plus qu’une jolie fleur de bordure
- La bourrache, le bleu rare qui se mange
- La ciboulette, une bordure de massif qui se coupe à la cuisine
- L’artichaut, la sculpture végétale du potager
- La sauge officinale, un arbuste aromatique aux allures méditerranéennes
- Le romarin, la haie aromatique qui embaume le jardin
- La lavande, l’odeur du Sud dans une plante qui se mange aussi
- La roquette, le feuillage découpé qui pique
- Le fenouil bronze, la plante qui change tout dans un massif
- Comment associer ces plantes pour un résultat harmonieux
Il y a quelque chose de profondément satisfaisant à regarder son jardin et savoir que ce qui embellit les plates-bandes finira aussi dans la poêle ou dans le saladier.
Pendant des décennies, on a séparé le jardin d’ornement du potager, comme si la beauté et l’utilité ne pouvaient pas cohabiter. Cette époque est révolue.
De plus en plus de jardiniers, amateurs comme confirmés, redécouvrent des plantes qui jouent sur les deux tableaux à la fois, sans qu’on ait à choisir entre l’esthétique et le pratique.
Certaines de ces plantes sont connues depuis des siècles, d’autres sont simplement sous-estimées.
Voici une sélection de végétaux qui méritent vraiment une place dans votre espace vert, quelle que soit sa taille.
La capucine, bien plus qu’une jolie fleur de bordure
La capucine (Tropaeolum majus) est l’une de ces plantes qu’on plante souvent pour sa couleur, sans réaliser qu’elle est entièrement comestible. Les fleurs, d’un orange, jaune ou rouge éclatant, apportent une touche poivrée dans les salades. Les feuilles rondes, légèrement piquantes, se mangent crues. Les graines, récoltées encore vertes, peuvent être conservées dans du vinaigre et utilisées comme substitut aux câpres.
En termes de décoration, la capucine grimpe, retombe ou s’étale selon la variété choisie. Elle couvre rapidement les espaces vides, habille les clôtures et attire les pollinisateurs. C’est une plante annuelle facile à semer directement en place à partir d’avril, qui ne demande presque aucun entretien. Elle préfère même les sols pauvres, ce qui en fait une alliée idéale pour les coins difficiles du jardin.
La bourrache, le bleu rare qui se mange
Trouver du bleu véritable dans un jardin est rare. La bourrache (Borago officinalis) offre cette couleur presque unique, avec ses petites fleurs étoilées d’un bleu intense. Elle fleurit généreusement tout l’été et se ressème spontanément d’une année sur l’autre, ce qui fait qu’on la plante souvent une seule fois.
Ses fleurs se cristallisent pour décorer les pâtisseries, se glissent dans les cocktails ou garnissent les assiettes estivales. Les jeunes feuilles, couvertes d’un léger duvet, ont un goût rappelant le concombre. Elles s’utilisent dans les salades ou en infusion. La bourrache attire les abeilles de manière remarquable, ce qui en fait un atout précieux pour la biodiversité du jardin.
La ciboulette, une bordure de massif qui se coupe à la cuisine
On oublie souvent que la ciboulette (Allium schoenoprasum) est une très belle plante ornementale. Ses touffes vert vif, bien dressées, forment des bordures nettes et régulières. Au printemps et en début d’été, elle se couvre de pompons mauves ou roses qui attirent les insectes et donnent un effet très décoratif.
En cuisine, elle est indispensable. Ciselée sur une omelette, mélangée à du fromage blanc, ajoutée à une sauce froide, elle relève les plats avec discrétion. Elle se coupe régulièrement sans s’épuiser, repousse rapidement et résiste bien au froid. Une fois installée, elle revient chaque année sans qu’on ait besoin de s’en occuper beaucoup. C’est le genre de plante qu’on regrette de ne pas avoir plantée plus tôt.
L’artichaut, la sculpture végétale du potager
L’artichaut (Cynara scolymus) est l’une des plantes potagères les plus spectaculaires visuellement. Ses feuilles découpées, d’un gris argenté, peuvent atteindre un mètre de longueur. La plante entière peut dépasser 1,50 mètre de hauteur, ce qui en fait un élément architectural fort dans un jardin.
Si on laisse les capitules s’ouvrir sans les récolter, ils se transforment en fleurs violettes d’une beauté saisissante, très appréciées des abeilles et des papillons. Pour la table, les têtes récoltées avant floraison sont bien sûr délicieuses, cuites à la vapeur ou à l’eau, accompagnées d’une vinaigrette ou d’une sauce au beurre. L’artichaut se plaît dans les régions au climat tempéré et se multiplie facilement par séparation des œilletons au printemps.
La sauge officinale, un arbuste aromatique aux allures méditerranéennes
La sauge officinale (Salvia officinalis) est souvent cantonnée au rang de simple herbe aromatique, alors qu’elle mérite bien mieux. Ses feuilles gris-vert, légèrement veloutées, ont une texture et une couleur qui s’intègrent parfaitement dans les massifs. Certaines variétés, comme la sauge pourpre ou la sauge tricolore, offrent des feuillages colorés encore plus décoratifs.
En cuisine, la sauge accompagne les viandes grasses comme le porc ou l’agneau, parfume les farces et les risottos, et se marie très bien avec le beurre noisette pour napper des pâtes fraîches. Elle est vivace, résistante à la sécheresse une fois bien installée, et supporte les hivers froids sans trop de difficultés. Un taillage léger après la floraison suffit à la maintenir compacte et généreuse.
Le romarin, la haie aromatique qui embaume le jardin
Planter du romarin (Salvia rosmarinus, anciennement Rosmarinus officinalis) en haie basse ou en massif, c’est choisir une plante qui ne demande presque rien et qui donne beaucoup. Son feuillage persistant, vert sombre dessus et argenté dessous, reste beau toute l’année. Au printemps, il se couvre de petites fleurs bleues ou violettes qui attirent les abeilles dès les premiers beaux jours.
En cuisine, il est incontournable pour les grillades, les marinades, les pommes de terre rôties ou les pains focaccia. Il pousse bien dans les sols calcaires et drainants, supporte la chaleur et la sécheresse, et peut vivre de nombreuses années sans être remplacé. Certaines variétés rampantes, comme Rosmarinus officinalis ‘Prostratus’, habillent très bien les murets ou les talus.
La lavande, l’odeur du Sud dans une plante qui se mange aussi
La lavande (Lavandula angustifolia) est l’une des plantes ornementales les plus plantées en France, pour ses épis violets et son parfum puissant. Ce que beaucoup ignorent, c’est qu’elle est aussi comestible. Ses fleurs entrent dans la composition du mélange herbes de Provence, parfument les desserts, les biscuits, les crèmes brûlées et même certaines viandes.
Il faut l’utiliser avec parcimonie en cuisine car son goût est intense et peut rapidement devenir savonneux si on en abuse. En petite quantité, elle apporte une note florale originale et surprenante. Dans le jardin, elle forme de belles touffes persistantes, résiste à la sécheresse et attire une quantité impressionnante de pollinisateurs. Elle se taille après la floraison pour rester dense et ne pas se déchausser.
La roquette, le feuillage découpé qui pique
La roquette (Eruca vesicaria) est souvent reléguée aux rangs serrés du potager, mais ses feuilles découpées et son port buissonnant lui donnent un charme certain en bordure de massif ou dans des jardinières mixtes. Quand elle monte en graines, ses petites fleurs blanches veinées de violet sont délicates et jolies.
Son goût poivré et légèrement amer en fait un ingrédient phare des salades italiennes, des pizzas blanches et des tartines au jambon cru. Elle se sème facilement de mars à septembre, pousse vite et peut se récolter en quelques semaines. En été chaud, elle monte rapidement en fleurs, mais une taille régulière retarde ce phénomène et prolonge la récolte.
Le fenouil bronze, la plante qui change tout dans un massif
Le fenouil bronze (Foeniculum vulgare ‘Purpureum’) est l’une des plantes les plus spectaculaires qu’on puisse intégrer dans un jardin. Son feuillage plumeux, d’un brun cuivré profond, crée un contraste saisissant avec les plantes à feuillage vert ou les fleurs colorées. Il monte haut, jusqu’à 1,80 mètre, et ses ombelles jaunes en été attirent de nombreux insectes.
Toutes les parties de cette plante sont comestibles. Les feuilles aromatiques parfument les poissons, les sauces et les marinades. Les graines récoltées à maturité servent à aromatiser les pains, les saucisses et les infusions digestives. Les bulbes de la variété Florence se mangent crus en salade ou cuits au four. C’est une plante vivace, robuste, qui se ressème généreusement et qui mérite vraiment une place de choix dans tout jardin.
Comment associer ces plantes pour un résultat harmonieux
L’idée n’est pas de tout mélanger sans réfléchir, mais de construire des associations cohérentes en termes de hauteur, de couleur et de besoins culturaux. Voici quelques principes simples pour y parvenir :
- Regrouper les plantes aux besoins similaires : les plantes méditerranéennes comme le romarin, la lavande et la sauge apprécient les mêmes conditions de sol sec et ensoleillé.
- Jouer sur les contrastes de feuillage : associer le fenouil bronze à la ciboulette verte ou à la bourrache crée un effet visuel fort.
- Varier les hauteurs : placer l’artichaut ou le fenouil en fond de massif, les sauges et romarins au milieu, et les capucines ou la roquette en bordure.
- Penser aux pollinisateurs : toutes ces plantes attirent les insectes utiles, ce qui profite à l’ensemble du jardin.
Un massif composé uniquement de ces plantes comestibles peut être aussi beau, sinon plus, qu’un massif traditionnel. Il a en plus l’avantage de produire quelque chose de concret, de vous inciter à passer du temps dehors et de vous connecter différemment à votre espace vert. La frontière entre le beau et l’utile n’a jamais été aussi floue, et c’est tant mieux.