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- Pourquoi le printemps est le meilleur moment pour rempoter ses aromatiques
- Le matériel indispensable avant de commencer
- Les aromatiques à rempoter en priorité
- Le basilic
- La menthe
- La ciboulette
- Le persil
- Le thym et le romarin
- La sauge
- Quelques règles d’or pour réussir le rempotage
- Associer les aromatiques dans un même bac
- Entretenir ses aromatiques après le rempotage pour une production continue
Le mois de mars marque un tournant dans le jardin et sur le balcon.
Les jours rallongent, les températures remontent doucement, et les petits pots d’herbes aromatiques achetés en grande surface ou récupérés de l’hiver commencent à montrer des signes de faiblesse.
Racines qui s’échappent par le fond du pot, terreau épuisé, tiges qui s’étiolent : c’est le moment de retrousser ses manches.
Un bon rempotage au printemps, c’est la garantie d’avoir des herbes généreuses et parfumées à portée de main pendant toute la belle saison, que ce soit pour une salade, une sauce ou un plat mijoté.
Pourquoi le printemps est le meilleur moment pour rempoter ses aromatiques
Les plantes aromatiques, comme la plupart des végétaux, entrent dans une phase de croissance active dès que les températures dépassent régulièrement les 10 à 12 degrés. C’est précisément cette reprise de végétation qui rend le rempotage printanier si efficace. La plante, stimulée par la lumière et la chaleur, va coloniser rapidement le nouveau volume de terre qu’on lui offre et développer un système racinaire plus robuste.
À l’inverse, un rempotage réalisé en plein été, sous forte chaleur, stresse la plante au moment où elle doit déjà gérer la sécheresse et le soleil intense. En automne ou en hiver, la croissance est quasi nulle et le terreau frais risque de rester humide trop longtemps, favorisant les pourritures racinaires. Le printemps, entre mars et mai selon les régions, offre donc une fenêtre idéale.
Autre avantage non négligeable : un rempotage bien mené au printemps évite l’achat répété de nouvelles plantes tout au long de la saison. Une basilic bien installée dans un grand pot peut produire pendant plusieurs mois. Idem pour le persil, la ciboulette ou la menthe. C’est aussi une question d’économie.
Le matériel indispensable avant de commencer
Pas besoin d’un équipement sophistiqué. Quelques éléments de base suffisent pour faire un travail propre et efficace.
- Un terreau adapté aux aromatiques : il existe des terreaux spécialement formulés pour les plantes aromatiques et les herbes. Ils sont généralement plus drainants qu’un terreau universel, ce qui convient parfaitement à des plantes comme le thym, la sauge ou le romarin qui détestent avoir les pieds dans l’eau.
- Des pots avec des trous de drainage : c’est non négociable. Un pot sans trou, c’est une plante condamnée à terme. Préférez des pots en terre cuite pour les aromatiques méditerranéennes, qui permettent une meilleure évaporation de l’humidité.
- Du gravier ou des billes d’argile : à placer au fond du pot pour assurer un bon drainage.
- Un arrosoir à bec fin : pour arroser sans détremper le terreau juste après le rempotage.
Concernant la taille des pots, la règle générale est de choisir un contenant dont le diamètre dépasse de 3 à 5 centimètres celui du pot d’origine. Inutile de mettre une petite plante dans un énorme bac : un excès de terreau autour des racines retient trop d’humidité.
Les aromatiques à rempoter en priorité
Le basilic
Le basilic est sans doute l’aromatique la plus populaire dans les cuisines françaises, et aussi l’une des plus mal traitées. Les petits pots vendus en supermarché contiennent en réalité plusieurs dizaines de plants serrés les uns contre les autres pour donner une apparence touffue. Résultat : les racines s’étouffent rapidement et la plante dépérit en quelques semaines.
Pour le sauver, divisez délicatement la motte en deux ou trois parties et rempotez chaque portion dans un pot individuel de 15 à 20 centimètres de diamètre, avec un terreau léger et bien drainant. Placez-le dans un endroit très lumineux, à l’abri du vent, et attendez que les températures nocturnes soient stables au-dessus de 12 degrés avant de le sortir définitivement en extérieur. Le basilic craint le froid et le moindre courant d’air frais peut le faire noircir.
La menthe
La menthe est une plante envahissante par nature. Ses rhizomes s’étendent dans tous les sens et elle peut rapidement coloniser un bac entier au détriment de ses voisines. Il est donc conseillé de la cultiver seule, dans un pot dédié, ou de l’enterrer en pot pour limiter son expansion si vous la plantez en pleine terre.
Au printemps, divisez les touffes qui ont passé l’hiver en coupant la motte en plusieurs morceaux bien garnis de racines. Chaque morceau peut être replanté dans un nouveau pot avec du terreau frais. La menthe reprend très facilement et peut même être multipliée par bouturage dans un simple verre d’eau. Résultat garanti en deux semaines.
La ciboulette
La ciboulette est l’une des aromatiques les plus résistantes. Elle passe l’hiver sans problème sous nos latitudes et repart dès les premières chaleurs. Si votre touffe de ciboulette est devenue volumineuse avec le temps, c’est le bon moment pour la diviser. Sortez la motte, séparez-la en deux ou trois parties et rempotez dans un terreau universel enrichi en compost. Vous pouvez aussi en profiter pour rafraîchir la touffe en la coupant à 5 centimètres du sol : elle repartira plus vigoureusement.
Le persil
Le persil est une plante bisannuelle, ce qui signifie qu’il fleurit et monte en graines la deuxième année avant de mourir. Si votre persil date de l’an dernier et commence à monter en fleurs, il est temps de le remplacer par de nouveaux semis ou de jeunes plants. Pour un persil de première année, un rempotage dans un pot plus profond est bénéfique car cette plante développe une racine pivotante assez longue. Prévoyez un pot d’au moins 20 centimètres de profondeur.
Le thym et le romarin
Le thym et le romarin sont des aromatiques méditerranéennes qui apprécient les conditions sèches et ensoleillées. Elles ont besoin d’un terreau très drainant, idéalement mélangé avec du sable ou de la pouzzolane. Un sol trop lourd et trop humide entraîne inévitablement le pourrissement des racines.
Ces deux plantes n’ont pas besoin d’être rempotées chaque année. Tous les deux ou trois ans suffisent, ou lorsque vous constatez que les racines débordent largement du pot. Au printemps, profitez-en pour tailler légèrement les tiges afin de stimuler une repousse compacte et éviter que la plante ne se ramifie trop.
La sauge
La sauge officinale est une plante vivace robuste qui tolère bien la sécheresse une fois bien établie. Elle se rempote tous les deux ans environ, dans un mélange de terreau et de sable. Attention à ne pas l’arroser trop fréquemment après le rempotage : la sauge préfère un sol qui sèche bien entre deux arrosages. En cuisine, ses feuilles légèrement veloutées parfument admirablement les viandes blanches, les pâtes et les risottos.
Quelques règles d’or pour réussir le rempotage
- Arrosez la plante la veille du rempotage pour faciliter le démoulage de la motte sans abîmer les racines.
- Ne rempotez jamais une plante malade ou stressée par manque d’eau : attendez qu’elle soit stabilisée.
- Ne tassez pas trop le terreau autour des racines : laissez de l’air pour que les racines puissent se développer.
- Arrosez modérément juste après le rempotage, puis attendez que le terreau soit presque sec avant d’arroser à nouveau.
- Évitez les engrais les premières semaines : le terreau neuf contient suffisamment de nutriments pour les premiers mois. Un excès d’engrais azotés favorise la croissance des feuilles au détriment des arômes.
Associer les aromatiques dans un même bac
Si vous manquez de place sur votre balcon ou votre rebord de fenêtre, il est tout à fait possible de regrouper plusieurs aromatiques dans un même bac, à condition de respecter leurs affinités. Les plantes méditerranéennes comme le thym, la sauge, le romarin et l’origan s’entendent très bien ensemble car elles partagent les mêmes besoins : soleil, peu d’eau, sol drainant.
En revanche, évitez de mélanger ces dernières avec la menthe ou le persil, qui ont besoin de plus d’humidité. Le basilic, lui, préfère généralement la solitude ou la compagnie de plantes aux exigences similaires comme la mélisse.
Un grand bac rectangulaire de 60 à 80 centimètres de long peut accueillir facilement trois ou quatre aromatiques méditerranéennes, à condition que chaque plante dispose d’une vingtaine de centimètres d’espace. Ce type d’association crée un véritable jardin d’herbes miniature, pratique et esthétique, que vous pouvez installer directement sur une table de cuisine ou sur un rebord de fenêtre exposé au sud.
Entretenir ses aromatiques après le rempotage pour une production continue
Le rempotage n’est que la première étape. Pour profiter de vos herbes tout au long du printemps et de l’été, quelques gestes réguliers s’imposent. La règle numéro un est de couper régulièrement les tiges plutôt que de laisser la plante monter en fleurs. Dès qu’une aromatique fleurit, elle concentre son énergie sur la reproduction et les feuilles perdent une partie de leur saveur. Pincez les boutons floraux dès qu’ils apparaissent sur le basilic et la menthe pour prolonger la production de feuilles.
Pour la ciboulette et le persil, coupez toujours les tiges extérieures en laissant le cœur de la plante intact pour qu’elle puisse continuer à se développer. Sur le thym et le romarin, prélevez les extrémités des tiges en évitant de couper dans le bois ancien qui repousse difficilement.
Un apport d’engrais liquide dilué toutes les trois à quatre semaines, à partir du deuxième mois après le rempotage, suffit à maintenir une croissance soutenue. Choisissez un engrais équilibré ou légèrement riche en potassium pour favoriser les arômes plutôt que la seule croissance des feuilles.