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- Pourquoi la température de consigne change tout à la consommation
- Le chiffre qui change tout : de 22°C à 25°C, la consommation s’effondre
- Quelle température régler pour concilier confort et économies ?
- L’effet combiné : ventilateur + climatisation, la combinaison gagnante
- Les autres réglages de la télécommande que vous ignorez peut-être
- Le mode « Eco » ou « Energy Saver »
- La programmation horaire
- La vitesse du ventilateur interne
- La direction des ailettes
- Entretien du climatiseur : l’ennemi silencieux de l’efficacité
- Ce que représente concrètement cette économie sur une saison
- Le geste le plus simple de l’été
L’été dernier, beaucoup de Français ont reçu des factures d’électricité qui leur ont coupé le souffle, presque autant que la chaleur.
La climatisation est gourmande, tout le monde le sait.
Ce que peu de gens savent en revanche, c’est qu’un simple geste sur la télécommande suffit à transformer radicalement la note en fin de mois.
Trois petits degrés supplémentaires sur le thermostat de votre climatiseur, et la consommation peut être divisée par trois.
Pas par 10 % ou 15 % comme on pourrait s’y attendre, mais véritablement par trois.
Ce chiffre mérite qu’on s’y attarde, qu’on comprenne pourquoi il est aussi spectaculaire, et surtout comment en profiter sans souffrir de la chaleur.
Pourquoi la température de consigne change tout à la consommation
Pour comprendre ce phénomène, il faut d’abord saisir comment fonctionne un système de climatisation. Un climatiseur ne produit pas du froid comme une résistance produit de la chaleur. Il transfère des calories : il prend la chaleur présente dans votre pièce et la rejette à l’extérieur. Pour faire ce travail, il utilise un compresseur, qui est de loin le composant le plus énergivore de l’appareil.
Le principe physique fondamental ici est celui du coefficient de performance, appelé COP dans le jargon technique. Ce coefficient mesure l’efficacité du système : combien de watts de froid il produit pour chaque watt d’électricité consommé. Et ce COP n’est pas fixe. Il varie considérablement en fonction de l’écart de température entre l’intérieur et l’extérieur.
Plus vous demandez à votre climatiseur de maintenir une température intérieure basse alors qu’il fait chaud dehors, plus l’écart thermique est grand, plus le compresseur doit travailler intensément, et plus la consommation électrique grimpe de façon exponentielle. Ce n’est pas une progression linéaire. C’est là que réside toute la surprise pour la plupart des utilisateurs.
Le chiffre qui change tout : de 22°C à 25°C, la consommation s’effondre
Prenons un exemple concret pour illustrer ce que représentent ces trois degrés. Lorsqu’il fait 35°C à l’extérieur :
- Régler la climatisation à 22°C crée un écart de 13 degrés avec l’extérieur. Le compresseur tourne en permanence, à pleine puissance ou presque.
- Régler la climatisation à 25°C réduit cet écart à 10 degrés. Le compresseur travaille beaucoup moins, s’arrête plus souvent, et le COP de l’appareil s’améliore sensiblement.
Les mesures effectuées par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) sont sans ambiguïté sur ce point : chaque degré supplémentaire sur la télécommande d’un climatiseur représente environ 5 à 10 % d’économie d’énergie. Sur trois degrés, l’économie cumulée peut donc atteindre 15 à 30 %, voire davantage selon le type d’appareil, les conditions extérieures et la qualité de l’isolation du logement.
Mais dans certaines configurations, notamment avec des climatiseurs anciens ou mal dimensionnés, l’effet est encore plus marqué. Des études menées au Japon, pays qui a développé une véritable culture de l’efficacité énergétique en matière de climatisation depuis les années 2000, ont montré que passer de 26°C à 28°C de consigne pouvait réduire la consommation de plus de 50 % dans certains cas. Le rapport un sur trois évoqué dans le titre n’est donc pas une exagération : il correspond à des situations réelles, notamment lorsque l’on compare une utilisation à 20-21°C avec une utilisation à 24-25°C.
Quelle température régler pour concilier confort et économies ?
La question qui suit naturellement est celle du confort. Peut-on vraiment vivre confortablement à 25°C ou 26°C dans un logement climatisé ? La réponse est oui, et les spécialistes du confort thermique le confirment depuis longtemps.
Le confort thermique ne dépend pas uniquement de la température de l’air. Il dépend aussi de :
- L’humidité relative de l’air : un air sec à 26°C est souvent perçu comme plus agréable qu’un air humide à 23°C.
- La vitesse de l’air : un léger brassage de l’air par un ventilateur de plafond ou un ventilateur sur pied permet de ressentir une température de 2 à 3 degrés inférieure à la température réelle.
- Les vêtements portés : en été, s’habiller légèrement à l’intérieur semble évident, mais beaucoup de bureaux climatisés à 20°C obligent leurs employés à venir avec des pulls.
L’ADEME recommande officiellement de ne pas descendre en dessous de 26°C en été dans les logements et les bureaux climatisés. Cette recommandation est partagée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et par de nombreuses agences d’efficacité énergétique à travers le monde. En dessous de cette température, le bénéfice en termes de confort devient marginal, tandis que la consommation électrique continue d’augmenter fortement.
L’effet combiné : ventilateur + climatisation, la combinaison gagnante
Une des astuces les plus efficaces pour profiter de températures de consigne plus élevées sans sacrifier le confort est d’associer la climatisation à un ventilateur. Ce n’est pas une nouveauté, mais c’est une pratique encore trop peu répandue en France.
Un ventilateur de plafond consomme entre 15 et 75 watts selon sa taille et sa vitesse. Un climatiseur consomme entre 1 000 et 3 500 watts selon sa puissance et ses conditions de fonctionnement. La différence est vertigineuse. En utilisant un ventilateur pour améliorer la circulation de l’air dans une pièce climatisée, vous pouvez relever la consigne de température de 2 à 3 degrés sans aucune perte de confort perçu, et réaliser ainsi des économies substantielles sur votre facture.
Le brassage de l’air crée ce que les physiciens appellent un effet de refroidissement par convection et par évaporation de la transpiration cutanée. Concrètement, votre corps perd de la chaleur plus efficacement, et vous vous sentez plus frais même si la température ambiante est plus élevée.
Les autres réglages de la télécommande que vous ignorez peut-être
La température de consigne n’est pas le seul réglage qui influence la consommation de votre climatiseur. La télécommande de votre appareil recèle souvent d’autres options qui méritent attention.
Le mode « Eco » ou « Energy Saver »
La plupart des climatiseurs modernes disposent d’un mode économique. Ce mode limite la puissance maximale du compresseur et ajuste automatiquement le fonctionnement de l’appareil pour réduire la consommation. La température ressentie peut être légèrement moins fraîche, mais les économies sont réelles.
La programmation horaire
Utiliser la minuterie ou la programmation de votre climatiseur permet d’éviter de laisser l’appareil tourner inutilement. Programmer l’arrêt automatique pendant la nuit, lorsque les températures extérieures baissent naturellement, ou pendant les heures d’absence, représente une économie souvent sous-estimée.
La vitesse du ventilateur interne
Régler le ventilateur interne du climatiseur en vitesse automatique plutôt qu’en vitesse maximale permet à l’appareil d’optimiser lui-même son fonctionnement. En vitesse maximale constante, le ventilateur consomme davantage et peut créer des courants d’air désagréables qui incitent paradoxalement à baisser encore la température de consigne.
La direction des ailettes
Orienter les ailettes de diffusion vers le haut plutôt que vers le bas favorise une meilleure distribution du froid dans la pièce. L’air froid étant plus lourd que l’air chaud, il descend naturellement. Cette simple orientation peut améliorer l’efficacité de la diffusion et permettre d’atteindre le confort souhaité avec une consigne de température plus haute.
Entretien du climatiseur : l’ennemi silencieux de l’efficacité
Même avec une température de consigne optimale, un climatiseur mal entretenu consommera beaucoup plus qu’il ne le devrait. Le filtre à air est le premier coupable. Lorsqu’il est encrassé, il réduit le débit d’air, oblige le compresseur à travailler davantage, et peut augmenter la consommation de 10 à 25 % selon le degré d’encrassement.
Nettoyer les filtres de votre climatiseur est une opération simple, qui se fait généralement sans outil, et qui devrait être effectuée toutes les deux à quatre semaines en période d’utilisation intensive. L’unité extérieure, le condenseur, doit être maintenu dégagé et propre pour permettre une dissipation optimale de la chaleur.
Un entretien annuel par un professionnel est recommandé, notamment pour vérifier le niveau de fluide frigorigène. Un manque de fluide frigorigène peut réduire considérablement l’efficacité du système et augmenter la consommation de façon significative, tout en accélérant l’usure du compresseur.
Ce que représente concrètement cette économie sur une saison
Pour rendre ces économies plus tangibles, faisons un calcul simple. Un climatiseur de 2 500 watts utilisé 8 heures par jour pendant 60 jours consomme :
| Température de consigne | Consommation estimée | Coût estimé (0,25 €/kWh) |
|---|---|---|
| 22°C | ~1 200 kWh | ~300 € |
| 25°C | ~600 kWh | ~150 € |
| 26°C | ~480 kWh | ~120 € |
Ces chiffres sont des estimations basées sur des conditions moyennes, mais ils donnent un ordre de grandeur parlant. Sur une saison, la différence entre une utilisation à 22°C et une utilisation à 25-26°C peut représenter 150 à 180 euros d’économies pour un seul appareil. Pour un foyer équipé de plusieurs unités, la somme devient rapidement très significative.
Le geste le plus simple de l’été
Il n’existe pas beaucoup de situations où un geste aussi simple que d’appuyer deux ou trois fois sur le bouton + d’une télécommande peut avoir un impact aussi immédiat et aussi important sur une facture d’électricité. Trois degrés supplémentaires sur la télécommande de votre climatiseur, c’est un geste qui prend moins d’une seconde, qui ne demande aucun investissement, et qui peut transformer votre consommation électrique estivale de façon radicale.
Le confort thermique est subjectif, et chacun trouvera sa propre température idéale. Mais si vous avez l’habitude de régler votre climatiseur à 20°C ou 21°C, essayer progressivement de remonter la consigne de un degré par semaine jusqu’à atteindre 24°C ou 26°C vous permettra de vous adapter sans même vous en rendre compte, tout en regardant votre consommation électrique baisser de façon spectaculaire.