Afficher Masquer le sommaire
- Le carabe, chasseur nocturne souvent méconnu
- La chrysope, aux yeux d’or et à l’appétit féroce
- Le syrphe, ce faux frelon au service de vos plantes
- Comment favoriser la présence des syrphes?
- Le perce-oreille, jardinier nocturne aux pinces intimidantes
- La coccinelle, bien plus que sept points sur le dos
- Identifier les différentes coccinelles bénéfiques
- L’araignée, tisseuse de toiles et régulatrice d’insectes
- La mante religieuse, prédatrice spectaculaire et efficace
- Le cloporte, recycleur discret et indispensable
- Comment créer un jardin accueillant pour ces auxiliaires précieux?
- Diversifiez les habitats
- Plantez des fleurs nectarifères
- Pratiquez la tolérance
- Bannissez les pesticides
- Installez des abris
Qui n’a jamais écrasé un insecte rampant près de ses tomates ou pulvérisé un produit sur ces petites bêtes grouillant autour des rosiers?
La plupart des jardiniers amateurs ont ce réflexe de considérer tout insecte comme un ennemi potentiel.
Pourtant, cette méprise peut coûter cher à votre jardin.
Les insectes bénéfiques représentent plus de 95% des espèces présentes dans nos jardins et jouent un rôle crucial dans l’équilibre de cet écosystème.
Beaucoup d’entre eux combattent naturellement les véritables nuisibles qui s’attaquent à nos cultures.
Voici les principaux auxiliaires du jardin que vous risquez de confondre avec des ravageurs.
Le carabe, chasseur nocturne souvent méconnu
Le carabe est ce coléoptère noir ou brun foncé que l’on aperçoit parfois courir rapidement entre les plantes. Sa carapace brillante et ses longues pattes en font un insecte facilement reconnaissable, même s’il est souvent confondu avec un simple scarabée nuisible.
Ces prédateurs voraces se nourrissent principalement de limaces, d’escargots et de larves diverses. Un seul carabe peut dévorer jusqu’à 200 limaces durant sa vie! Actifs principalement la nuit, ils patrouillent au sol à la recherche de proies, constituant ainsi une première ligne de défense contre les gastéropodes qui ravagent vos salades.
Pour favoriser leur présence:
- Évitez de retourner trop fréquemment le sol
- Laissez quelques pierres plates ou morceaux d’écorce comme abris
- Maintenez un paillage permanent dans certaines zones du jardin
La chrysope, aux yeux d’or et à l’appétit féroce
Avec ses ailes transparentes et délicates, ses yeux dorés brillants et son corps vert pâle, la chrysope est l’un des plus beaux insectes auxiliaires. Malheureusement, on la confond souvent avec certains papillons de nuit ou moucherons, ce qui lui vaut parfois d’être écrasée sans pitié.
Pourtant, les larves de chrysope sont surnommées « lions des pucerons » pour une bonne raison : une seule larve peut dévorer jusqu’à 500 pucerons avant sa transformation en adulte! Elles s’attaquent aux cochenilles, acariens, thrips et œufs de nombreux insectes.
Les chrysopes adultes se nourrissent principalement de pollen, de nectar et de miellat. Pour les attirer dans votre jardin:
- Plantez des fleurs à nectar comme la phacélie, le fenouil ou l’achillée
- Installez un hôtel à insectes avec des compartiments adaptés
- Évitez tout traitement insecticide, même ceux dits « naturels »
Le syrphe, ce faux frelon au service de vos plantes
Avec son corps rayé jaune et noir, le syrphe est souvent pris pour une guêpe ou une abeille agressive. Cette ressemblance, fruit de millions d’années d’évolution mimétique, lui permet d’échapper à ses prédateurs naturels. Malheureusement, elle lui vaut aussi d’être régulièrement chassé des jardins par des jardiniers méfiants.
Contrairement aux hyménoptères qu’il imite, le syrphe est totalement inoffensif – il ne possède ni dard ni venin. On peut facilement le distinguer par son vol stationnaire caractéristique et ses deux ailes (contre quatre pour les guêpes et abeilles).
Les larves de syrphes sont de véritables machines à dévorer les pucerons. Une seule larve peut consommer entre 400 et 700 pucerons durant son développement. Les adultes, quant à eux, sont d’excellents pollinisateurs, participant activement à la fécondation de nombreuses plantes potagères.
Comment favoriser la présence des syrphes?
- Cultivez des plantes à fleurs simples comme les marguerites, cosmos ou soucis
- Laissez fleurir quelques ombellifères (fenouil, aneth, carotte)
- Tolérez quelques colonies de pucerons qui serviront de garde-manger pour leurs larves
Le perce-oreille, jardinier nocturne aux pinces intimidantes
Avec ses pinces arrière caractéristiques, le perce-oreille ou forficule fait souvent l’objet d’une réputation injustifiée. Non, il ne s’introduit pas dans les oreilles des dormeurs! Ces appendices, plus impressionnants que réellement dangereux, servent principalement à la défense et à la capture de proies.
Les perce-oreilles sont des auxiliaires précieux, dévorant quantité de pucerons, cochenilles et œufs de papillons. Une colonie de perce-oreilles peut nettoyer un arbre fruitier infesté de pucerons en quelques nuits. Ils apprécient particulièrement les espaces humides et sombres.
Leur mauvaise réputation vient en partie du fait qu’ils peuvent occasionnellement grignoter quelques pétales de fleurs ou fruits mûrs. Mais ce comportement reste marginal comparé aux services qu’ils rendent. Pour les attirer:
- Installez des pots retournés remplis de paille ou de foin dans vos arbres fruitiers
- Laissez quelques tas de bois ou d’écorces dans un coin ombragé du jardin
- Maintenez des zones humides, notamment pendant les périodes sèches
La coccinelle, bien plus que sept points sur le dos
Si la coccinelle à sept points est généralement épargnée par les jardiniers, de nombreuses autres espèces de coccinelles sont méconnues et parfois confondues avec des nuisibles. Les coccinelles asiatiques, à points variables, ou les petites coccinelles jaunes sont souvent les victimes de cette méconnaissance.
Toutes les coccinelles sont pourtant d’excellentes prédatrices. Leurs larves, au corps allongé et hérissé de petites épines, sont encore plus voraces que les adultes. Une larve de coccinelle peut dévorer jusqu’à 150 pucerons par jour! Certaines espèces se spécialisent dans la chasse aux cochenilles ou aux acariens.
Identifier les différentes coccinelles bénéfiques
| Espèce | Apparence | Proies préférées |
|---|---|---|
| Coccinelle à 7 points | Rouge avec 7 points noirs | Pucerons |
| Coccinelle à 2 points | Rouge avec 2 points noirs | Pucerons, psylles |
| Coccinelle jaune | Jaune à points noirs | Acariens, aleurodes |
| Coccinelle noire | Noire à points rouges | Cochenilles |
Pour favoriser leur présence, évitez tout traitement insecticide et plantez des fleurs mellifères comme la tanaisie, l’achillée ou le souci. Vous pouvez leur offrir des abris pour l’hiver en installant des fagots de tiges creuses.
L’araignée, tisseuse de toiles et régulatrice d’insectes
Bien qu’elles ne soient pas des insectes mais des arachnides, les araignées figurent parmi les créatures les plus incomprises et injustement craintes du jardin. La plupart des espèces présentes dans nos régions sont totalement inoffensives pour l’homme.
Ces prédatrices hors pair capturent une quantité impressionnante d’insectes volants et rampants. Une seule araignée peut consommer plusieurs centaines de moustiques, mouches et autres petits insectes durant sa vie. Elles participent ainsi activement à l’équilibre de l’écosystème jardin.
Certaines espèces chassent au sol, d’autres tissent des toiles complexes. Toutes contribuent à limiter les populations d’insectes potentiellement nuisibles. Pour favoriser leur présence:
- Tolérez quelques toiles dans les coins tranquilles du jardin
- Évitez l’usage d’insecticides qui les élimineraient
- Aménagez des zones non perturbées avec pierres, bois mort et végétation dense
La mante religieuse, prédatrice spectaculaire et efficace
Avec son allure préhistorique et sa posture caractéristique, la mante religieuse est facilement reconnaissable. Pourtant, ses œufs, regroupés dans des oothèques (sortes de capsules mousseuses), sont souvent détruits par méconnaissance.
Ces redoutables chasseuses se nourrissent d’une grande variété d’insectes : mouches, papillons, criquets et même guêpes. Leurs pattes avant, transformées en véritables harpons, leur permettent de capturer des proies parfois plus grosses qu’elles. Une seule mante peut éliminer des centaines d’insectes ravageurs au cours de sa vie.
Pour protéger et favoriser les mantes religieuses:
- Apprenez à reconnaître leurs oothèques pour ne pas les détruire en hiver
- Conservez des zones de végétation haute où elles pourront chasser
- Évitez tout traitement insecticide dans votre jardin
Le cloporte, recycleur discret et indispensable
Souvent chassé des maisons et jardins, le cloporte est pourtant un allié précieux. Ce petit crustacé terrestre (et non un insecte) joue un rôle fondamental dans la décomposition de la matière organique et l’enrichissement du sol.
Les cloportes se nourrissent principalement de végétaux en décomposition, accélérant leur transformation en humus fertile. Ils contribuent ainsi à améliorer la structure et la fertilité du sol. Un jardin riche en cloportes est généralement un jardin au sol vivant et équilibré.
Contrairement aux idées reçues, les cloportes n’attaquent pas les plantes vivantes saines. Ils peuvent occasionnellement grignoter de jeunes pousses très tendres, mais ce comportement reste marginal et sans impact significatif sur les cultures.
Pour favoriser leur présence bénéfique:
- Installez un paillage organique au pied de vos plantes
- Laissez quelques tas de bois ou de pierres dans des coins ombragés
- Évitez de retourner systématiquement le sol
Comment créer un jardin accueillant pour ces auxiliaires précieux?
Maintenant que vous connaissez mieux ces alliés souvent méconnus, voici quelques principes généraux pour favoriser leur présence et leur action bénéfique dans votre jardin:
Diversifiez les habitats
Un jardin varié offrant différents microhabitats (zones humides, sèches, ensoleillées, ombragées) attire naturellement une plus grande diversité d’auxiliaires. Laissez quelques zones « sauvages » où la nature peut s’exprimer librement.
Plantez des fleurs nectarifères
De nombreux insectes auxiliaires se nourrissent de nectar et de pollen à l’état adulte. Les ombellifères (fenouil, aneth, carotte sauvage), les astéracées (marguerites, soucis) et les apiacées (persil, coriandre) sont particulièrement attractives.
Pratiquez la tolérance
Acceptez un certain niveau de présence de ravageurs – ils servent de nourriture aux auxiliaires! Un jardin totalement « propre » n’attire pas les prédateurs naturels. La présence de quelques pucerons est nécessaire pour maintenir une population de coccinelles et de chrysopes.
Bannissez les pesticides
Même les produits dits « naturels » comme la roténone ou le pyrèthre tuent indistinctement auxiliaires et ravageurs. Privilégiez les méthodes mécaniques (jet d’eau, ramassage manuel) pour les infestations localisées.
Installez des abris
Un hôtel à insectes bien conçu, des tas de bois, des pierres empilées, des tiges creuses… autant de refuges qui permettront à vos auxiliaires de passer l’hiver ou de se reproduire. Ces abris sont particulièrement importants dans les jardins très « ordonnés ».
En apprenant à reconnaître et à protéger ces insectes bénéfiques, vous ferez un grand pas vers un jardinage plus écologique et plus efficace. La nature a prévu des solutions à la plupart des problèmes du jardinier – encore faut-il savoir les reconnaître et les préserver! Observez attentivement avant d’intervenir, et vous découvrirez que votre jardin regorge d’alliés insoupçonnés qui travaillent gratuitement à vos côtés.