Y a-t-il des risques à manger de la neige  ?

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De tout temps, l’ingestion de neige a été pratiquée par les humains, que ce soit par jeu, par curiosité ou par nécessité.

En effet, face à l’absence d’eau potable, la neige peut sembler être une alternative intéressante.

Cependant, est-il réellement sans risque de consommer cette eau glacée tombée du ciel ?

Cet article se propose de faire le tour de la question, en passant en revue les différentes sources de danger liées à la consommation de neige, mais aussi les précautions à prendre pour limiter les risques pour la santé.

Les dangers liés à la contamination de la neige

Parmi les principales sources de danger liées à la consommation de neige, la contamination de celle-ci par divers éléments indésirables occupe une place de choix.

En premier lieu, il convient de mentionner la pollution atmosphérique. En effet, les particules fines et autres polluants émis par les activités humaines, notamment la circulation automobile et l’industrie, peuvent se mêler à la neige et être ingérées par la suite. Il en va de même pour les pesticides et autres produits chimiques utilisés dans l’agriculture, qui peuvent être transportés par le vent et se retrouver dans la neige.

Ensuite, il est important de souligner que la neige peut être contaminée par des micro-organismes, tels que des bactéries, des virus et des parasites. Ces derniers peuvent être présents dans l’air, dans l’eau ou dans le sol, et être véhiculés par la neige. Parmi les plus connus, on peut citer la listeria monocytogenes, responsable de la listériose, et le virus de la gastro-entérite, qui provoque des troubles digestifs.

Enfin, il ne faut pas oublier que la neige peut être contaminée par des éléments naturels, tels que des métaux lourds. Bien que leur présence soit généralement faible, la consommation de neige sur une longue période peut entraîner une accumulation de ces éléments nocifs dans l’organisme.

Les risques pour la santé liés à la température de la neige

Outre les dangers liés à la contamination de la neige, il est important de considérer les effets que peut avoir la consommation de neige glacée sur l’organisme.

  1. Le choc thermique : l’ingestion de neige très froide peut provoquer un choc thermique au niveau de la bouche et de la gorge, avec pour conséquence une douleur et une inflammation passagères. Dans les cas les plus graves, cela peut entraîner des lésions au niveau des muqueuses.
  2. La déshydratation : contrairement à ce que l’on pourrait penser, manger de la neige pour se désaltérer peut en réalité contribuer à la déshydratation. En effet, le corps doit puiser dans ses réserves d’énergie pour réchauffer la neige ingérée et la transformer en eau, ce qui entraîne une perte d’eau supplémentaire par la respiration et la transpiration.
  3. La baisse de la température corporelle : la consommation de neige peut provoquer une baisse de la température corporelle, notamment chez les personnes fragiles, les enfants et les personnes âgées. Cela peut augmenter le risque d’hypothermie, notamment en situation de froid intense ou prolongé.

Les précautions à prendre pour limiter les risques

Face à ces différents dangers liés à la consommation de neige, il est essentiel de prendre certaines précautions pour minimiser les risques pour la santé.

  • Privilégier la neige fraîchement tombée : pour limiter la présence de polluants et de micro-organismes, il est préférable de consommer de la neige qui vient de tomber, en évitant les zones à proximité des routes et des zones industrielles ou agricoles.
  • Faire fondre la neige avant de la consommer : pour réduire les risques liés à la température de la neige, il est recommandé de la faire fondre avant de la boire. Cela permet de la filtrer et de la purifier en éliminant une partie des polluants et des micro-organismes présents.
  • Ne pas consommer de neige en cas de doute sur sa qualité : si la neige présente une couleur, une odeur ou un goût inhabituels, il est préférable de ne pas la consommer et de se tourner vers une autre source d’eau potable.
  • Consommer de la neige avec modération : pour limiter les risques pour la santé, il est conseillé de ne pas consommer de neige de manière excessive ou sur une longue période.

Les exceptions : quand la consommation de neige peut être bénéfique

Malgré les risques évoqués précédemment, il convient de souligner que, dans certaines situations particulières, la consommation de neige peut s’avérer bénéfique.

En effet, en situation de survie en milieu enneigé, la neige peut constituer une source d’eau potable essentielle pour éviter la déshydratation et permettre à l’organisme de fonctionner correctement. Toutefois, comme mentionné précédemment, il est important de faire fondre la neige avant de la boire pour limiter les risques liés à la température et à la contamination.

Par ailleurs, certaines études ont montré que la consommation de neige en petite quantité et de manière ponctuelle pourrait avoir un effet bénéfique sur la santé, notamment pour renforcer le système immunitaire. En effet, l’exposition à de faibles doses de bactéries et de polluants présents dans la neige pourrait stimuler les défenses immunitaires de l’organisme et améliorer sa capacité à lutter contre les infections.

Enfin, il est intéressant de noter que la consommation de neige peut avoir des effets positifs sur le plan psychologique, en procurant une sensation de fraîcheur et de pureté qui peut être agréable et apaisante. Cela peut notamment être le cas lors de randonnées en montagne ou d’activités en plein air, où la neige peut contribuer à créer une atmosphère de détente et de bien-être.

Si la consommation de neige n’est pas sans risque pour la santé, il est possible de limiter ces dangers en prenant certaines précautions et en adaptant sa consommation en fonction des circonstances.

Ainsi, en choisissant de consommer de la neige fraîchement tombée, en la faisant fondre et en modérant sa consommation, il est possible de profiter des bienfaits de cette eau glacée tout en minimisant les risques pour la santé. Néanmoins, il est important de rester vigilant et de privilégier d’autres sources d’eau potable lorsque cela est possible, afin de préserver la santé et le bien-être de chacun.

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