Vélib’: JCDecaux contre-attaque avant le vote décisif

0

Le groupement JCDecaux/SNCF/RATP, qui voit lui échapper le marché emblématique des Vélib’, a contre-attaqué en déposant un recours en référé auprès du tribunal administratif de Paris, une annonce faite mardi à la veille d’un vote décisif.

Le système Vélib’, actuellement composé de 1.800 stations et plus de 20.000 vélos, et attribué en 2007 pour la première fois à JCDecaux, fait l’objet d’un renouvellement de marché qui entrera en vigueur en janvier 2018, pour 15 ans.

Élargi à la Métropole du Grand Paris, il proposera alors des vélos plus légers, plus solides et avec un tiers de vélos électriques. Début avril, la commission du syndicat mixte Autolib’ et Vélib’ Métropole (qui regroupe Paris et une centaine de communes partenaires, et des établissements publics) chargée d’examiner les offres avait indiqué avoir «classé en tête» l’offre du rival Smoovengo. Un choix qui doit être entériné par un vote des adhérents du syndicat mercredi.

Le géant français de l’affichage publicitaire, qui détient le marché depuis sa mise en place il y a dix ans, n’a eu de cesse depuis de critiquer cette décision et la proposition de son concurrent. Jusqu’à déposer son référé précontractuel. Dans un communiqué, JCDecaux souligne que ce recours a été déposé «pour la défense des 315 collaborateurs» qui travaillent au sein de Cyclocity, sa filiale de service de vélo en partage.

«Dumping social» ?

Smoove, une PME familiale de Montpellier créée en 2008 et qui dirige le consortium Smoovengo, a déjà remporté des marchés dans 26 villes en France et à l’étranger. Depuis que la commission d’appel d’offres a mieux classé l’offre de Smoovengo, les deux consortiums rivaux s’affrontent sur les questions relatives à l’emploi.

JCDecaux avait ainsi estimé que l’écart entre les deux offres «se fonde sur un dumping social, avec une proposition excluant la reprise de l’ensemble des personnels et reposant sur de nouvelles équipes inexpérimentées, moins nombreuses et à des conditions sociales et salariales dégradées». Ce à quoi la PME héraultaise avait répondu que «les mises en causes concernant un +dumping social+ sont totalement infondées et constituent une contre-vérité». Elle avait ajouté s’être engagée à privilégier le personnel en place pour ses recrutements à venir et menacé d’entamer des poursuites judiciaires si JCDecaux persistait dans ses attaques.

Selon une source proche du dossier, le critère du prix n’aurait pas été le seul pris en considération et Smoove aurait également enregistré de très bonnes notes techniques. La semaine passée, une centaine des salariés de Cyclocity avaient manifesté devant la mairie de Paris pour que toutes les parties prenantes au renouvellement du marché s’engagent à garder, ou à inciter à garder, l’effectif actuel.

Autolib’ et Vélib’ Métropole, tout comme l’exécutif parisien ont affirmé à plusieurs reprises qu’ils seraient «attentifs à ce qu’aucun salarié ne reste sur le carreau». De leur côté, les élus écologistes de Paris ont adressé un courrier à Laurent Mercat, PDG de Smoove, et Jean-Charles Decaux, président du directoire de JCDecaux, pour leur demander «de s’engager formellement pour qu’aucun licenciement ne soit à déplorer à l’issue du changement du titulaire du contrat Vélib’».

L’UDI-Modem a pour sa part estimé dans un communiqué qu’il serait «honteux autant qu’inacceptable» que les salariés de Cyclocity «aient été considérés comme une variable d’ajustement» dans le cadre de l’appel d’offres.

mm

Journaliste et animatrice radio, je publie sur le site d'actualités economie-news notamment dans les rubriques économie et immobilier.

Comments are closed.